Les squatteurs à la rue
Les services de la mairie ont rasé hier un squat situé avenue d'Estrées, en face du Stade scolaire. L'endroit, jugé insalubre, menaçait de s'effondrer. Ses habitants, tous clandestins, se retrouvent à la rue.
Un expert est passé il y a deux semaines pour mesurer la dangerosité du site. La mairie a donc pris la décision dans la foulée de tout raser. « Les poutres étaient toutes fissurées. e bâtiment menaçait de s'effondrer, confirme Isabelle Patient, directrice de l'aménagement à la mairie de Cayenne. Il fallait évacuer immédiatement et démolir » . Le temps de couper l'électricité et la pelleteuse pouvait remplir sa mission. « L'endroit était vraiment insalubre. Il n'y avait pas d'eau, mais en revanche les habitants avaient bien l'électricité, grâce aux branchements sauvages » .
Et comme elle dit : « On est tous des humains. Qu'on soit français, du Suriname, ou du Brésil, ce n'est pas la question. Alors nous, on vient du Guyana, mais contrairement à ce que les gens pensent, les Anglais ne sont pas tous des voleurs! Il y en a qui essaient de travailler » .
Elle aussi va donc devoir se trouver un nouveau squat. Avec sa larme tatouée au coin de l'oeil gauche, elle jette un dernier regard en direction de son « nouveau-ex-chez-elle » . Et de se demander : « Pourquoi on nous laisse là, dans la rue ? » La politique de résorption de l'habitat insalubre ne prévoit pas, en effet, de reloger les personnes demeurant illégalement sur le territoire guyanais. Alors qu'aucun accord d'extradition n'a encore été signé entre la France et le Guyana...

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