Les retrouvailles pour Gaël (de dos en noir à dr.) après sa séquestration en 2010 (photo d'archives)
Victime de la prise d'otage du 18 février 2010 à Cacao, le jeune Gaël, aujourd'hui âgé de 18 ans, préfère oublier cet épisode de sa vie. Il se montre d'une grande timidité à la barre.
Le procès des braqueurs de Cacao qui a débuté lundi dernier (voir nos précédentes éditions) a été marqué hier matin par le témoignage de Gaël, l'adolescent qui avait été pris en otage le 18 février 2010 et de ses parents. « Il était vers 11 h 30. On était au champ, à dix kilomètres de la route, à déterrer les dachines. Mon fils effectuait des allers et retours pour les charger dans notre véhicule. À un moment il est revenu avec trois individus armés. Ils nous ont fait comprendre qu'ils voulaient une rançon si on voulait récupérer notre fils » , déclare à la barre le père qui est le premier à intervenir.
Il souligne que, quatre ans après, il ne se souvient plus très bien. « Les braqueurs exigeaient 6 000 euros. On leur a dit qu'on n'avait pas cette somme. Ils nous ont répondu de nous débrouiller avec la famille » . La mère précise qu'ils avaient beaucoup de mal à comprendre les braqueurs. Devant leur refus un des hommes est parti avec l'enfant. « Ma femme a proposé 1 000 euros qu'ils ont acceptés » , reprend le père. L'enfant, qui à l'époque avait 14 ans, se souvient que l'homme lui a demandé de le suivre était armé d'un couteau.
INTROUVABLE MALGRÉ LE VERSEMENT DE LA RANÇON
Les deux autres, armés de fusils, ont retenu sa mère alors que son père est parti rassembler les 1 000 euros. Profitant de sa connaissance des lieux la maman a réussi à s'enfuir et à rejoindre sa maison. Le père a retrouvé les kidnappeurs, leur a donné l'argent et ils devaient relâcher l'enfant. « On l'a cherché sur la route. Ne le trouvant pas on a alerté les habitants. » Les recherches ont été lancées dès que la gendarmerie a été prévenue. Ce n'est que le lendemain vers 15 heures que Gaël a été retrouvé. À la barre, âgé aujourd'hui de 18 ans, le jeune homme se montre très timide, ayant préféré « oublier » . L'homme qui lui a demandé de le suivre sous la menace d'un couteau a été rejoint le soir par les deux autres dans un carbet bâche situé à une demi-heure de marche du champ familial. Il affirme que ses ravisseurs ne se sont pas montrés violents vis-à-vis de lui mais n'en dit pas plus. D'ailleurs, Il ne veut pas les regarder. Seule sa maman avoue « avoir eu très peur » . Une peur qui ne l'a pas quittée depuis! Les réquisitions et plaidoiries sont prévues lundi et mardi.
Édition spéciale : Rétro 2025
Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters