Léon Bertrand, lors du procès en appel des marchés publics de la CCOG à Fort-de-France (PYC)
Hier matin, l'avocat général a requis la confirmation des peines, au procès en appel des marchés publics de la CCOG.
Depuis lundi matin, l'avocat général Jean-Frédéric Lamouroux était un mystère. Pas une fois, depuis le début du procès en appel de Léon Bertrand, il ne s'était exprimé. Impossible, dans ces conditions, de connaître son avis sur les marchés publics de la communauté de communes de l'Ouest guyanais (CCOG), ni sur les faits de favoritisme et de corruption qui sont jugés. Tout le monde se disait qu'il faudrait attendre ses réquisitions, hier midi, pour le percer. Cela a été plus rapide.
Dès l'audition de l'enquêteur, plus tôt dans la matinée, il a semblé pencher pour la culpabilité du maire de Saint-Laurent. Plusieurs fois, il a tendu des perches à un enquêteur qui n'avait visiblement pas relu son dossier. Question : « Avez-vous pu inventer les déclarations d'Augustin To-Sah ? » : l'ancien directeur de la CCOG était passé aux aveux et avait décrit le « système Bertrand » , avant de se rétracter. Autre question : « Avez-vous trouvé des preuves matérielles venant corroborer les déclarations d'Augustin To-Sah ? » La mémoire revient alors à l'enquêteur. Jean-Frédéric Lamouroux allait donc demander que soit confirmée la condamnation de Léon Bertrand et des autres prévenus. Restait à connaître les nuances.
INVESTIGATEUR ET BÉNÉFICIAIRE
Il n'y en a pas vraiment, si ce n'est qu'il est persuadé que les pots-de-vin n'ont pas forcément financé les campagnes électorales de Léon Bertrand, mais son train de vie.
Pour le reste, il est certain que l'ancien directeur a imposé ses décisions aux élus chargés d'attribuer les marchés de la CCOG (« Quand M. To-Sah parle, c'est le président qui parle » ). Il est certain que les documents présentés à l'audience par les avocats méritent d'être « examinés avec le soin le plus scrupuleux » (sous-entendu, ce serait des faux). Il est certain que les rendez-vous au cours desquels les chefs d'entreprise ont versé des pots-de-vin ont bien eu lieu, même si certains s'emmêlent dans les dates. Il est certain que « Léon Bertrand est le sommet de cette pyramide de corruption. Il en est l'instigateur et le bénéficiaire » .
Jean-Frédéric Lamouroux demande donc que le jugement de l'an dernier soit confirmé. Pour Léon Bertrand, cela signifierait une condamnation à trois ans de prison ferme et 150 000 euros d'amende.
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