Joseph, un fonctionnaire de police nationale s'est retrouvé placé en garde à vue pendant huit heures parce qu'il est intervenu, armé d'un fusil, au domicile de sa voisine, victime d'un cambriolage en son absence. « Je raconte mon histoire pour prévenir les citoyens sur la façon de réagir s'ils sont témoins d'un cambriolage » , indique le policier. Ce jour-là, le policier ne travaille pas. Il est chez lui dans la commune de Matoury. Son beau-frère l'appelle pour l'avertir que la maison de la voisine est anormalement ouverte. « J'ai jeté un coup d'oeil depuis ma clôture, j'ai vu un casque de moto. J'ai pris mon fusil avec des balles en caoutchouc et j'ai demandé à mon beau-frère d'avertir les gendarmes. En arrivant devant la maison, j'ai été surpris par l'un des cambrioleurs qui en sortait. J'ai eu un tir réflexe qui l'a touché à l'épaule. » Les deux individus se réfugient à l'intérieur et tordent une porte en fer forgé. « Lorsque j'ai fait le tour pour les empêcher de défoncer la porte en bois, ils ont pris la fuite par le fenêtre d'où ils étaient entrés. Je les ai ai poursuivi sur 200 mètres en tirant deux coups de fusil en l'air pour finalement attraper l'un des fuyards. Il a été menotté par la police municipale de Matoury. » SON FUSIL CONFISQUÉ
Lorsque les gendarmes sont arrivés j'ai donné mon nom, ma profession, mon grade et mon numéro de téléphone. » Les gendarmes embarquent le voleur et demandent à Joseph de passer à la brigade pour donner son témoignage. Plus tard, tandis qu'il aide sa voisine à réparer la porte en fer forgé, il a reçoit un appel des gendarmes lui demandant de venir avec son fusil. C'est plein d'émotion et de colère que le policier raconte sa mésaventure. « Arrivé à la brigade, ils m'ont dit que j'étais placé en garde à vue pour violence avec arme sous décision du procureur de permanence et ils ont saisi mon fusil. Je ne comprenais pas. J'avais arrêté un voleur, je ne l'avais pas tué et pourtant j'étais traité comme un bandit » . Après huit heures de garde à vue, et d'angoisse pour sa famille, Joseph est remis en liberté en attendant une décision du magistrat. Le procureur de la République finit par donner une suite favorable à la demande du fonctionnaire pour récupérer son fusil. On peut interpeller une personne en flagrant délit mais...
« Tous citoyens a le droit d'interpeller une personne en flagrant délit » , explique Ivan Auriel, procureur de la République. « Il faut simplement respecter l'article 73 du code de procédure pénale sur la légitime défense. »
Le magistrat souligne que « la garde à vue est une mesure contrainte. Mais dans le cas de ce fonctionnaire de police, il s'agissait d'une mesure de protection du policier. Il a été en présence d'un avocat qui a démontré qu'il avait respecté toutes les mesures de la légitime défense. »
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