Le 5 août dernier, Laurent Ringuet a été abattu par Jean-Maurice Arrondel à la gare routière de Cayenne (photo d'archives)
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La demande de liberté de Jean-Maurice Arrondel a été rejetée par la chambre de l'instruction. Ce dernier avait été mis en examen pour le meurtre d'un concurrent, Laurent Ringuet, le 5 août 2009. Son avocat a par ailleurs répété hier qu'il n'était « qu'une victime » de la désorganisation des taxicos.
CAYENNE.Une porte qui claque. Voilà comment a été accueilli le refus de demande en liberté de Jean-Maurice Arrondel par les membres de sa famille, hier au tribunal de Cayenne. Visiblement déçus de cette décision, les proches du taxico ont donc quitté la salle sans traîner. Les murs du tribunal en tremblent encore...
Les faits
« Ce qui est arrivé était prévisible » , plaidait Me Yvon Thiant, l'avocat de Jean-Maurice Arrondel. Ce qui est arrivé ? Le 5 août dernier vers midi, une dispute éclate entre deux taxicos à la gare routière de Cayenne. Plusieurs coups sont échangés. Jean-Maurice Arrondel sort son arme (un pistolet automatique Taurus 6.35), et tire un premier coup en direction de Laurent Ringuet. Lequel se réfugie au Leader Price du boulevard de la Liberté. Devant plusieurs témoins, un second coup de feu éclate. Touché, Laurent Ringuet s'écroule dans la rue. Jean-Maurice Arrondel tire un dernier coup à bout portant un peu en dessous de l'épaule droite de la victime. Et n'en démord toujours pas... puisqu'il lui mord l'oreille et l'arrache. Lorsque des passants arrivent à maîtriser le taxico, Laurent Ringuet a déjà perdu beaucoup de sang. Et malgré les premiers soins prodigués, il décède quelques minutes plus tard.
« Parasitisme économique »
Comme l'a présenté Me Thiant, « Ringuet, qui était connu pour être un provocateur né, n'avait pas de licence (contrairement à Jean-Maurice Arrondel) et était à l'origine de cette concurrence déloyale et de ce parasitisme économique qui touche l'organisation des taxicos » . L'avocat a également rappelé qu'un courrier datant de juin 2008 avait déjà mis en lumière ces problèmes d'organisation. Et de dénoncer « le manque de réactivité du procureur » mais aussi du Conseil général « qui n'a jamais rien fait pour éviter ça » . Pour Me Thiant, son client est donc « victime de cette situation » . D'autant plus que, comme il l'a précisé : « Jean-Maurice Arrondel avait reçu des coups. Il est tombé, sonné comme un boxeur, et a perdu la tête à ce moment-là » .
Hier, sa famille espérait donc qu'il soit libéré, en attendant d'être jugé. Son avocat a indiqué qu'il n'était « pas dangereux » , que sa licence de taxi courait « jusqu'en 2014 » , et qu'il avait des devoirs familiaux et professionnels. « De toute façon, il ne va pas s'enfuir, où voulez-vous qu'il aille ? » , a remarqué son conseil en fin de plaidoirie. Avant de conclure : « Cette histoire a créé beaucoup d'émoi au niveau de la population. Si l'on se dirige vers les assises, une pétition devrait montrer que, pour l'ensemble des taxicos, mon client n'est qu'une victime » . Qui devra toutefois rester derrière les barreaux, l'avocat général ayant rejeté sa demande de mise en liberté.
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