La « culture » de la prison
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La « culture » de la prison

D.St.J.

« Pour se salir les mains » comme il le déclare, le prévenu a frappé un autre détenu mais il nie avoir utilisé un pic.

Le dossier évoqué vendredi lors des comparutions immédiates a pour cadre le centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly. Le 27 septembre dernier, sept détenus sont dans la cour de promenade. Un détenu est passé à tabac par les autres. Frappé à coups de poing, il est aussi blessé dans le dos avec un pic. Deux détenus âgés de 26 ans, Russi Dapou et Rundelle Dowding, sont poursuivis pour ces violences volontaires en réunion. D'après le rapport des surveillants, Russi Dapou aurait porté le coup avec le pic que lui aurait passé Rundelle Dowding. Aucun des six détenus dans la cour avec la victime n'a voulu faire de déclaration. « J'ai attendu que la bagarre soit finie pour le frapper. Je l'ai fait pour me salir les mains vis-à-vis des autres. C'est la culture de la prison. Si je ne le frappais pas, les autres me seraient tombés dessus » , déclare à la barre lors de sa comparution immédiate Russi Dapou. Il nie avoir eu le pic. Pourtant, la victime l'accuse catégoriquement. Des coups qui lui ont valu une côte fêlée et trois jours d'interruption temporaire de travail. Un différend au sujet de la télévision avec son codétenu Rundell Dowding, cinq mois avant, serait à l'origine des faits. Pour son préjudice, la victime demande que les deux prévenus lui versent 10 000 euros.
Le procureur rappelle que l'alerte a été donnée par un détenu témoin des violences depuis sa cellule. Soulignant que Russi Dapou est très défavorablement connu au centre pénitentiaire, son comportement obligeant à le transférer en Guadeloupe, elle requiert pour les deux prévenus huit mois de prison ferme.
Pour Me Jacques-Olivier Duboisset, il n'y a aucun moyen de vérifier qui, des six détenus, a porté les coups avec le pic sur la victime : « Il n'y a aucun élément dans le dossier » . Aussi il demande que les deux prévenus soient condamnés uniquement pour les coups portés à main nue et de modérer les réquisitions.
Finalement, Russi Dapou et Rundell Dowding sont déclarés coupables des violences aggravées. Ils sont condamnés à huit mois de prison ferme et devront solidairement verser 500 euros à leur victime.

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