Jean-Christophe Sintive : « Il y a une violence endémique importante »
Le général Jean-Christophe Sintive, commandant de la gendarmerie de Guyane, tire son bilan de l'année, évoque la bataille contre les bandes armées et l'adaptation de la stratégie de lutte contre l'orpaillage illégal.
Pour la première fois, la Guyane a dépassé la barre des 50 homicides en un an, et ce, avant la fin de l'année. Le triste record de 47 homicides de 2022 est déjà largement battu. Comment expliquer un tel chiffre ?
Ce n'est pas pour minimiser le chiffre, mais parmi ceux que vous signalez, sept homicides n'ont pas été commis dans l'année. Un certain nombre d'homicides sont signalés par « les bruits de la forêt », mais ne sont pas confirmés jusqu'à ce que l'on trouve les lieux de sépulture. En 2023, on a fait un gros travail avec la section de recherches (SR) sur le recensement des homicides en forêt, ce qui nous a permis de remonter la trace d'un certain nombre de crimes qui ont eu lieu les années précédentes, jusqu'en 2020.
Mais il ne faut pas taire le fait qu'il y a eu une augmentation. Il y a plusieurs phénomènes distincts. Dix-neuf homicides ont eu lieu en forêt, c'est-à-dire essentiellement dans le milieu de l'orpaillage illégal. On constate aussi une augmentation des règlements de compte entre malfaiteurs, notamment dans les milieux brésiliens, guyaniens... En zone gendarmerie, on compte 29 homicides considérés comme des règlements de compte. Ces faits sont commis sur fonds de guerre de territoire, de marchés autour des Vama (vol à main armée) et trafic de stupéfiants.

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