Les 100 ovules récupérés par les douanes dans la valise de Kerfalla (DR)
« Soit le prévenu est naïf, soit il ment à la justice » , a confié un des avocats présents à l'audience de vendredi. Âgé de 39 ans, ce prévenu d'origine ivoirienne, résidant à Paris, a été condamné par le tribunal correctionnel de Cayenne à deux ans de prison ferme pour avoir tenté de prendre l'avion, direction Paris, avec 1,130 kg de cocaïne conditionné en 100 ovules.
Il faut dire que l'histoire que Kerfalla Kaba Diakité a racontée à la barre, vendredi, a laissé pantois la majorité du public présent dans le tribunal.
Comme il avait des difficultés à payer son loyer - un non-payé de 17 000 euros -, il faisait l'objet d'une procédure d'expulsion. Kerfalla raconte qu'il a rencontré un homme dans une brasserie, à Paris, lors de la Coupe du monde. Cet homme lui a proposé de lui donner 15 000 euros, s'il venait récupérer de la cocaïne en Guyane. Kerfalla n'a jamais mis les pieds sur le sol guyanais mais la forte récompense qu'on lui a proposée lui fait miroiter une réponse à ses problèmes.
Avant de prendre l'avion, le quadragénaire a téléphoné à un voyant pour se rassurer. Avec 6 000 euros en poche, il arrive à Cayenne où il est logé dans un hôtel. Sur place, il a rendez-vous dans un bar avec deux individus de type « rasta » . Ces derniers lui ont demandé 4 500 euros pour réserver la marchandise en lui donnant un rendez-vous téléphonique deux jours après, à 22 heures, dans une cabine de la place des Amandiers pour récupérer la drogue.
LA MULE N'AVALE PAS
Les choses se sont déroulées comme prévu. Les dealers ont livré 100 ovules de cocaïne. Ils étaient au rendez-vous avec le produit mais un grain de sable est venu s'ajouter au bon déroulement de la transaction lorsque Kerfalla a demandé à ses livreurs qui était supposé faire la mule. « Soit tu les avales, soit tu trouves quelqu'un pour les transporter! » a rétorqué l'un des dealers en laissant Kerfalla seul devant son énigme.
Le prévenu a expliqué aux magistrats, qu'il est resté plusieurs jours à l'hôtel à réfléchir, et à tourner en rond car il n'était pas question pour lui d'avaler les ovules.
Le jour du retour à Paris étant arrivé, le prévenu a décidé de tenter de faire passer la drogue en enveloppant les sachets d'ovules dans les jambes d'un de ses pantalons, dans sa valise.
« Avez-vous quelques choses à déclarer ? » a demandé le douanier qui avait déjà intercepté la valise. « Oui et non » , a chuchoté le passager, qui supposait à juste titre qu'il avait été repéré.
Pire, lorsqu'on les policiers parisiens se sont rendus à son domicile pour effectuer une perquisition, ils sont tombés nez à nez avec un huissier qui avait déjà tout déménagé dans la maison.
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