Guadeloupe : ils s'étripent à coup de coutelas pour une place de parking
Les trois protagonistes ont été condamnés à de la prison ferme
Deux scènes non concomitantes, d'une violence inouïe ! Les trois protagonistes ont été filmés par des riverains. Les images tournées dans le bourg du Gosier mercredi dernier ayant été rapidement et massivement diffusées sur les réseaux sociaux. Des images qui, sans leur contexte, ne permettaient pas de comprendre ce qui s'était réellement passé. Tout est devenu plus clair au terme des débats du tribunal correctionnel pointois ce vendredi après-midi. Initialement, c'est Patrice Belony, 59 ans, qui déclenche les hostilités, coutelas en main. Il porte un coup d'arme blanche à Sylvio Fifi, 35 ans, lui reprochant de s'être garé devant son logement. Il pense pouvoir excuser son geste en indiquant que ce dernier lui avait donné un coup de crosse de fusil à la tempe, il y a un an et demi. La rancœur et la vengeance ont souvent la vie dure.
Mais l'assaillant, Patrice Belony, le torse nu, va rapidement se retrouver désarmé. Sylvio Fifi étant aidé en cela par Elton Peters, 45 ans. Si l'avocat de ce dernier, Maître Édouard Lanthiez, a plaidé le fait que son client est venu en aide à son ami Fifi en danger, la thèse défendue par Maître Jamaldin Benmebarek, défenseur de Sylvio Fifi, est de plaider la légitime défense. Ce que l'avocat de Patrice Belony, initiateur des premières violences à coup de sabre conteste, Maître Maximilien Amegee rappelle que les conditions de la légitime défense imposent la nécessité, la simultanéité et la proportionnalité de la riposte, au sens de l'article 122-5 du code pénal. Le tribunal l'a suivi et n'a pas retenu non plus ce moyen. L'avocat poursuit en plaidant en faveur « d'un acharnement des deux autres contre mon client désarmé, affaibli dans sa solitude face à deux individus armés et déchaînés qui n'écoutaient même plus les injonctions des riverains à arrêter. Je demande davantage un suivi psychologique en faveur de celui que je défends ».
La plus lourde peine est de deux ans ferme
Pour les premières violences gratuites et disproportionnées, en raison d'un simple différend de place de parking, le Ministère public demande contre Belony une peine de quatre ans d'emprisonnement dont un avec sursis probatoire, soit trois ans d'emprisonnement ferme. Contre les deux autres, la même peine ferme d'un an d'emprisonnement. Soit deux ans dont un an avec sursis probatoire contre Peters et dix-huit mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis contre Fifi. Après plus de 6 heures de débats, et rendant leur délibéré à 23 h 15, les trois juges ont condamné le plus lourdement Patrice Bélony à trois ans d'emprisonnement dont un an avec sursis probatoire. Soit deux ans d'emprisonnement ferme avec délivrance d'un mandat de dépôt. Elton Peters est condamné à trois ans d'emprisonnement, dont deux ans avec sursis probatoire, soit un an ferme aménagé en détention à domicile sous bracelet électronique. Sylvio Fifi écope de dix-huit mois d'emprisonnement, dont dix mois avec sursis probatoire, soit huit mois ferme, également aménagés sous bracelet électronique.

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