Des bananes pesées qui font le buzz
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Des bananes pesées qui font le buzz

Audrey VIRASSAMY

Loucila Destin, gérante du Snack Magalie à la cité Thémire, cuisine des bananes pesées depuis trente ans (AV) © A.V

(Audrey Virassamy)

À la cité Thémire, à Cayenne, Loucila Destin, vend des bananes pesées. Depuis plusieurs semaines, une folle rumeur court sur son établissement. La dame a porté plainte pour diffamation.

« C'est dur. Je suis humiliée. Ça fait honte. » En quelques mots, Loucila Destin, gérante d'un snack à la cité Thémire, résume la situation dans laquelle elle se trouve depuis plusieurs jours. Le fil de l'histoire, c'est sa fille, Raymonde, qui le déroule. « Il y a environ deux semaines et demie, j'ai reçu un appel. Cette personne me disait : « J'ai appris que ta mère était en garde à vue parce que quelqu'un est tombé malade en mangeant des bananes pesées chez elles. Après, il y a eu des analyses et ils ont trouvé des excréments dans les bananes. J'ai rassuré la personne en lui disant que ma mère n'était pas en garde à vue, on a tous rigolé et on a oublié. »
Quelques jours après, la rumeur gonfle. Propagée par des SMS, des messages publiés sur Facebook. « Les gens disent qu'on fait mariner la viande dans une bassine remplie de sang de règles, s'offusque Raymonde. Ma mère est humiliée à cause de cela. » Dès lundi dernier, le snack qui, d'ordinaire, rassemble de nombreux clients, a été boudé. « Il y a toujours des fidèles, mais ce n'est pas l'attroupement comme avant. » Raymonde fait visiter la cuisine, aménagée en 2008. « La friture est faite devant les clients, nos vendeuses utilisent des gants. Tout est fait selon les règles d'hygiène. » Pour Raymonde, il faut laver l'honneur de sa mère. « Je fais des bananes pesées depuis 30 ans, rappelle celle-ci. Depuis que j'ai 18 ans! » « Vous vous rendez compte, enchaîne la fille. Trente ans pour se bâtir une réputation et tout perdre comme ça, pour rien. Parce qu'il n'y a rien eu! Il n'y a eu aucun problème! C'est peut-être de la jalousie personnelle ou professionnelle, nous ne savons pas. »
Pour laver l'affront, les deux femmes ont porté plainte pour diffamation, en fournissant des captures d'écran des messages publiés sur Facebook. Hier, elles ont contacté un avocat pour mieux faire valoir leurs droits. Comme l'indique le procureur, les affaires de diffamation doivent être traitées sous un délai de trois mois avant qu'il n'y ait prescription.
Pour l'instant, l'enquête suit son cours. La personne reconnue coupable de diffamation s'expose à une amende de 12 000 euros. On peut aussi y ajouter le préjudice moral et commercial qui peuvent se chiffrer, eux, à plusieurs dizaines de milliers d'euros.
(Audrey Virassamy)
(Audrey Virassamy)

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