David Riché et les habitants de Cacao dégoûtés par la situation sur la Bagot
La Bagot est polluée. C'est un fait. Cela fait plus d'un an que c'est le cas, et même "plusieurs années" selon le maire de Roura et son deuxième adjoint. Mercredi, David Riché s'est rendu une nouvelle fois sur place pour constater la situation. Il prévient excédé : "c'est la dernière fois que j'y vais".
David Riché a des mots très durs par rapport à cette situation. Il constate amer, qu'il a commencé son mandat avec ce problème et va terminer son mandat, avec ce problème qui non seulement ne s'est pas résolu, mais s'est agravé. David Riché, si il reconnaît le travail des gendarmes sur le terrain, reproche à l'Etat de ne pas l'avoir entendu : "j'ai fait des propositions concrètes qui n'ont pas été suivies des faits". David Riché plaide depuis plusieurs années pour l'installation d'un opérateur minier privé légal, "ce qui chasserai de fait les orpailleurs légaux" explique le maire de Roura. David Riché vient de renvoyer un courrier au préfet de la Guyane Marc Del Grande, en copie au ministre des outremers, Sébastien Lecornu, pour refaire, une dernière fois, des propositions et surtout lancer un appel à l'aide. Car les premières victimes de cet orpaillage illégal et de cette pollution, ce sont, outre les animaux aquatiques, les habitants du secteur. "Plus aucun opérateur touristique ne va sur la Bagot" explique le maire, qui lui même déconseille aux gens de s'y rendre, pour la pollution mais aussi pour une question de sécurité : "on ne sait jamais" souligne l'édile.
Les habitants de Cacao sont donc les grands perdants de la situation "et ce n'est pas acceptable" selon David Riché. Michel Ly Phong, qui est son second adjoint à la mairie de Roura, en charge du bourg de Cacao, est sur la même longueur d'onde. Lui a connu la Bagot depuis sa jeunesse et il l'a vu se dégrader à vitesse grand V ces dernières années : "avant la Bagot c'était un endroit paisible où l'eau était aussi claire que de l'eau de source. On pouvait y pêcher, y aller en famille, entre amis. Aujourd'hui, plus rien de cela n'est possible" se désole Michel Ly Phong.
De son côté David Riché, qui va céder son fauteuil de maire en octobre, puisqu'il ne se représente pas, est à bout de souffle sur ce dossier : "je suis abattu". "Pour moi c'est clair, c'est la dernière fois que je me rends sur la Bagot. Mais vous pourrez revenir dans plusieurs mois, les choses seront les mêmes" se désole le maire de Roura.
De leurs côtés, les autorités agissent et envoie des patrouilles de gendarmes et légionnaires sur le secteur, comme ce fut encore le cas mercredi. Mais comme c'est bien souvent le cas en Guyane, une fois partie, les orpailleurs reviennent. Et David Riché de conclure fataliste "de toute façon, tant qu'il y aura de l'or en Guyane, il y aura des orpailleurs".

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