Chaos à la prison
Une mutinerie a éclaté hier matin au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly. 74 détenus ont contrôlé un quartier de détention durant quelques heures, avant de négocier directement avec le procureur de la République.
Après un échange d'une demi-heure, les quatre leaders de la rébellion - tous condamnés à des peines d'au moins cinq ans - acceptent de faire revenir le calme et assurent au procureur que tout le monde regagnera sa cellule. Yvan Auriel a accepté de les rencontrer mardi prochain pour entendre leurs « revendications » . Les gendarmes d'intervention verrouillent les cellules. Durant trois heures, le centre pénitentiaire aura connu le chaos.
Les raisons de cette mutinerie sont encore à déterminer. Les détenus auraient voulu profiter de la médiatisation du mouvement de Force ouvrière (voir ci-dessous) pour faire entendre leurs doléances. Comme les agents surveillants, ils auraient également demandé le départ du directeur. Depuis l'arrivée de ce dernier, l'administration a mis en place des mesures d'économies que les détenus ont du mal à accepter : réduction des rations alimentaires et des kits d'hygiène (serviette, dentifrice...), et moins d'activités pour les prisonniers. Des activités qui leur permettent de gagner de l'argent et d'acheter leur cantine (cigarettes, produits non-périssables...). « Le centre pénitentiaire est bientôt en cessation de paiement. Le nouveau directeur est venu pour réduire les frais » , confiait hier Nadine Collin, secrétaire générale FO. Les « revendications » des détenus portent également sur la qualité de la nourriture... Aucune sanction ne sera prise à l'encontre des mutins, a assuré le procureur, estimant que « la ligne rouge » n'avait pas été franchie, à savoir que personne n'a été blessé durant la mutinerie.
Il existe deux syndicats de salariés au sein de la prison, Force ouvrière et l'Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap). Le moins que l'on puisse dire est que les deux syndicats ne s'entendent pas. Et cela ne date pas d'hier. Ainsi, René Polydore, délégué Ufap, accusait hier matin FO d'avoir provoqué cette mutinerie, en empêchant le livreur de la cantine d'accéder à la prison. Ce que FO dément. « On savait que cela allait arriver » , commente Florent Emmanuel, secrétaire départemental FO, qui dénonce un état d'exaspération au sein de la prison.

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