Le procès « des pillards lourdement armés » , comme les présente le bâtonnier Serge Guéril pour la partie civile, a pris fin hier, après sept jours d'audience. À l'issue des réquisitions sévères de quinze à vingt ans de réclusion criminelle (notre précédente édition)les avocats de la défense ont fait front pour que les peines soient bien inférieures. Me Jérémy Stanislas, pour Erieldo da Silva Marques, se dit « surpris que l'avocat général ait brouillé le dossier en évoquant Dorlin et Manoelzinho. Le message qu'il faisait passer ne correspondait pas à la réalité du dossier » . « DES RÉQUISITIONS DÉLOYALES »
« Mon client n'a rien à faire sur ce banc, aux côtés de ceux qui ont commis les faits de 2010, car il est poursuivi pour des faits antérieurs » , souligne Me Jean-Aimé M'Pika, pour Ronicler Lucena da Silva. Concernant les traces d'ADN qui l'accablent, il précise : « Si c'est quasiment incontestable, c'est qu'il reste place à la contestation et au doute » . Me Sophie Pascal, pour Vanderian Paiva da Silva, commente les réquisitions en estimant : « Tout ce qui est excessif est insignifiant » . Me Jérôme Gay, pour Francisco Marques Pereira, avec Me Aline Bourgeois, parle de « malhonnêteté intellectuelle » et « du caractère déloyal des réquisitions » . Des termes qui font réagir l'avocat général, qui s'estime outragé. Mais l'avocat persiste, s'étonnant « qu'il soit fait abstraction de l'oralité des débats » . « Les vingt-cinq années demandées sont disproportionnées. Six ans, cela ne mérite pas plus » . « Depuis quand met-on en prison sur la base d'une théorie sans preuve ? » poursuit Me Aline Bougeois. Elle déplore que l'accusation ait fait de leur client « le chef d'orchestre de l'équipe organisatrice, alors qu'il est le seul à avoir fait des aveux sincères » . « Ne cédez pas à la tentation de les réunir dans un seul bloc de bêtes sauvages, assoiffées d'or et de sang » , conclut-elle en s'adressant aux jurés. Enfin, pour Jelke Goncalves Lima, Me Maurice Chow Chine se dit « stupéfait par la teneur des réquisitions » . Reprenant des comptes rendus des assises parus dans France-Guyane, il propose une « jurisprudence » , montrant que pour ces faits, les peines prononcées ont été de dix à douze ans, voire quinze ans pour un braquage avec mort d'homme. « Je n'ai pas trouvé de raisons objectives pour une condamnation à vingt-cinq ans. Que vient faire l'orpaillage illégal dans ce dossier ? Il ne faut pas une décision qui soit une vengeance » . Les peines prononcées
Après plus de cinq heures de délibérations, il aura fallu plus de trente minutes à Mme la présidente Delpech pour donner lecture des réponses aux 150 questions posées aux jurés. Finalement, Ronicler Lucena da Silva est condamné à six ans de prison, Erieldo da Silva Marques à huit ans, Francisco Marques Pereira à dix ans, Jelke Goncalves Lima à douze ans, Vaderlan Paiva da Silva et Magno Paiva da Silva (en fuite) à quinze ans de réclusion criminelle. Le dernier accusé en fuite a été acquitté, faute d'éléments le mettant en cause. Ces peines sont assorties d'une interdiction définitive du territoire.
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