Ce sont huit Cayennais. La plupart souffrent de « carences affectives » ou « éducatives » , ont noté les psychiatres qui les ont examinés. À l'époque des faits, ils avaient entre 17 et 24 ans. Le 3 juin 2011, vers 18 h 40, le magasin de scooters Fun Bike est pris d'assaut. Le commerce est situé en retrait, route de la Madeleine, derrière le magasin d'informatique PC Leader et celui de meubles Mobilia. Cinq malfrats mettent en joue le gérant et son employé avec des armes à feu, dont un fusil à pompe. Des menaces de mort sont proférées. Le patron, Steeve De Ré, 38 ans, reçoit « une quarantaine de coups de crosse » , explique-t-il. « Ils ont arrêté de taper quand j'ai fait le mort. » Une flaque de sang a été constatée au sol. SEPT SCOOTERS ET 400 EUROS VOLÉS
Les braqueurs ont emporté sept scooters qu'ils ont chargés dans un fourgon. Le véhicule avait été volé au préalable. Ils ont aussi fait main basse sur les 400 euros contenus dans la caisse et se sont emparés de pièces détachées. Ils ont pris la fuite. La police de Cayenne, chargée de l'enquête, identifiera et arrêtera les suspects au cours du mois de ce même mois de juin 2011. Les huit jeunes Cayennais, dont un demeure toujours introuvable, ont été jugés fin novembre par la cour d'assises des mineurs. Deux d'entre eux avaient moins de 18 ans au moment des faits, ce qui justifie un passage devant cette cour spéciale. Du coup, les débats n'étaient pas ouverts à la presse. Considérés comme les principaux braqueurs, Rudy Rogier, Jackson Noncent, Yannick Grainger, Challinger Charles ont été condamnés à six ans ferme. Les deux mineurs au moment des faits, dont l'un était le fameux absent, ont été condamnés à un an et trois ans ferme. Enfin, deux accusés défendus par Mes Virginie Fettler et Christine Charlot ont été acquittés. « J'ai été lynché comme un chien »
C'est l'histoire d'un homme, Steeve De Ré, qui vit en Guyane depuis l'âge de 15 ans. Il en a aujourd'hui 38. Il a d'abord ouvert son magasin de vélos et de scooters à Kourou. En mars 2011, il décide d'ouvrir un second commerce, à Cayenne. « C'était mon bébé. J'ai investi mes économies personnelles plutôt que d'investir l'argent de ma société. » Et puis, il a été braqué le 3 juin (lire ci-dessus). Le lendemain, il a fermé définitivement sa succursale. « Je regrette de l'avoir fait. » Présent au procès de la cour d'assises des mineurs fin novembre, il a trouvé que les peines prononcées étaient « trop clémentes » . « Ils encouraient trente ans de prison. Ils ont pris six ans. Ils ont déjà fait deux ans de détention provisoire. Avec les remises de peines, ils vont être vite libérés. » Le commerçant a été frappé par le contraste entre les deux visages des accusés : lors du braquage et au tribunal. « Ils avaient des têtes d'ange alors qu'ils se sont acharnés sur moi. » Il a reçu « une quarantaine » de coups de crosse provoquant une hémorragie conséquente. « Ils me posaient des questions. Quand je leur répondais, ils me disaient « Ferme ta gueule » et ils me tapaient. J'ai été lynché comme un chien. »
Aujourd'hui, Steeve De Ré continue à vendre des deux-roues dans la cité spatiale, marqué à jamais par les deux braquages qu'il a subis la même année. « Heureusement que je suis costaud car quelqu'un de faible ne s'en serait pas remis. »
Deux braquages violents en un an
Steeve De Ré, le gérant de Fun Bike, a subi deux vols à main armée en 2011. D'abord, le 3 juin (lire ci-contre). Trois mois plus tard, le dimanche 25 septembre, à 7 heures du matin, il a de nouveau été confronté à des criminels. Pas les mêmes malfrats et pas au même endroit. Cette fois, les faits se sont produits au-dessus de son commerce à Kourou. Alors qu'il allait sortir son chien, le commerçant a vu débouler trois types habillés façon commando. Les malfrats l'ont ligoté ainsi que son épouse. Sous les yeux de leur fils en bas âge, ils ont volé à l'étage 2 500 euros en liquide et des bijoux. Au rez-de-chaussée, ils ont pris des pièces détachées. L'ensemble du braquage a duré quarante-cinq longues minutes. Un des trois auteurs a été interpellé en juillet 2012. Confondu par son ADN, ce Surinamais de 27 ans a été jugé vendredi 30 août (notre édition du 2 septembre). Il a été condamné à cinq ans ferme. Ses deux autres complices courent toujours.
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