Ce sont des habitants excédés que nous avons rencontrés. Mercredi après-midi, à la résidence Badiane, à la route d'Attila-Cabassou, les résidents se sont réunis. La garde à vue de leur voisin, qui avait menotté son cambrioleur présumé à un palmier jusqu'à l'arrivée des gendarmes lundi dernier, est dans toutes les têtes (lire notre édition du 8 avril). Ils soutiennent tous son geste. En cinq mois, ils ont compté sept cambriolages. Ceux de la résidence d'en face, Patagaï, se sont également fait visiter ainsi que d'autres sur cette route isolée, où il est « facile de rôder » . Et depuis la « réaction » du jeune homme de 27 ans (*) face à ces rôdeurs, des intrusions auraient eu lieu deux fois de nuit. Des « représailles » selon Gaétan et Livia, deux résidents. « Ils ont fait savoir qu'ils étaient là et ont essayé d'ouvrir ma porte pendant que je dormais, raconte Frédéric, un autre résident. Maintenant, je dors dans le salon et je mets une bouteille en verre sur la poignée pour les entendre, s'ils reviennent » . « PAS UNE RÉSIDENCE DE STANDING »
Quarante-trois familles vivent dans ces maisons mitoyennes, dont le bailleur est la Siguy. Alors que le cambrioleur présumé a retiré sa plainte pour coups et blessures (il a écopé de 31 jours d'ITT), les résidents interrogent les pouvoirs publics. Ils demandent que Badiane soit « sécurisée » . « La résidence est ouverte aux quatre vents » , tempête Jean-Michel Théolade, président du collectif des résidents. Ils attendent aujourd'hui une réponse de la Siguy. Du côté du bailleur social, on n'a pas reçu de courriers en ce sens, déclare Bernard Guillaumant, responsable de l'agence qui gère ce secteur. Pas de grilles aux fenêtres comme le demandent les habitants. À moins de le faire à leurs frais ou de rembourser à la Siguy, qui répercutera sur le loyer. Un portail automatique n'est pas non plus à l'ordre du jour. Bailleur social, la Siguy ne fait pas de « résidence de standing » , répond le responsable. À l'arrière de la résidence, manque un morceau de grillage qui la sépare d'un bois. « C'est de notre faute et il nous revient de le remplacer » , convient le responsable de la Siguy RAS-LE-BOL ET IMPUISSANCE DES HABITANTS
Jean Ganty, fraîchement réélu, est venu jeudi matin à la rencontre des habitants. Une visite surprise alors que le collectif parlait de se réunir au même moment devant l'hôtel de ville. Une entrevue a finalement eu lieu l'après-midi, qui « n'a rien donné » , selon Jean-Michel. « Le maire a évoqué l'idée des comités de quartiers. Mais on ne l'a pas attendu pour s'organiser. » Le collectif a d'ailleurs déposé une nouvelle plainte contre X pour « représailles » . « Vu notre emplacement (à proximité de la cité Arc-en-ciel ou « BP 134 » , ndlr), on croyait d'abord que c'étaient des gens de là-bas qui nous cambriolaient. Mais lorsque nous sommes tombés sur nos voleurs, on a constaté que non : ce sont des jeunes Guyanais, et pas des petits malheureux! » s'exaspère Jean-Michel. « C'est un mélange de ras-lebol et d'impuissance » , souffle-t-il. (*) Identité non révélée, une Instruction étant toujours en cours. Tentative de cambriolage et séquestration : deux enquêtes ouvertes
Dans l'affaire de l'enlèvement d'un élève devant le lycée Lama-Prévot, lundi matin, les gendarmes ont ouvert deux enquêtes. D'abord, il y en a une au sujet de la tentative de cambriolage commise dans le lotissement Badiane, route d'Attila-Cabassou, dans la nuit de dimanche à lundi, vers 2 heures (notre édition de mardi). Deux jeunes avaient voulu entrer dans une propriété tandis que leurs deux camarades faisaient le guet. Ils ont été mis en fuite par les aboiements d'un chien. Les gendarmes, appelés, n'ont pu retrouver la bande. Mais le maître des lieux a fait sa propre patrouille dans sa voiture. Il a retrouvé un jeune à qui il a, plus ou moins sous la contrainte, donné un rendez-vous quelques heures plus tard devant le lycée Lama-Prévot pour qu'il lui indique ses complices. Dans ce dossier, trois jeunes ont été entendus. Deux d'entre eux sont frères. Leur père travaille à la mairie de Rémire-Montjoly. Il ne s'agit pas déjeunes désoeuvrés ou dans le besoin, apparemment. Le quatrième membre de la bande a été identifié et il est recherché. L'enquête se poursuit.
La seconde enquête concerne la séquestration. Quelques heures après le cambriolage, le propriétaire de la maison a retrouvé l'un des cambrioleurs à qui il avait donné rendez-vous devant le lycée. Le jeune lui a montré un de ses complices. Ladulte l'a contraint à monter dans le coffre de sa voiture et l'a conduit chez lui. Là, il a été attaché à un arbre par des menottes et frappé. Les médecins lui ont prescrit trente jours d'incapacité totale de travail. Le jeune aurait même été menacé de mort. Le blessé aurait déposé plainte. Depuis septembre, la résidence est habitée et deux atteintes aux biens ont été enregistrées par les gendarmes. De manière générale, il y a eu 24 atteintes aux biens sur l'ensemble de la route d'Attila-Cabassou, soit deux faits par mois.
S.R.
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