Le procès devant la cour d'assises permettra-t-il de lever le voile sur la disparition de Muriel Pradinaud en 2002 (DR)
Accusé d'avoir assassiné en 2002 Muriel Pradinaud, Éric Denis ne reconnaît qu'avoir transporté son corps jusqu'à Cabassou pour « rendre service » ... Il avait donné sa parole.
Grand, cheveux très soignés poivre et sel, des lunettes fines, un polo noir, Éric Denis comparaît depuis hier devant la cour d'assises. C'est la troisième fois que cet homme de 43 ans, originaire du sud de la France, est jugé devant une telle cour. Cette fois, il risque la perpétuité pour l'assassinat, en récidive, de Muriel Pradinaud. La victime, âgée de 37 ans, avait disparu des rues de Cayenne en mai 2002 (lire ici).
Le témoignage posthume de son compagnon, lu à l'audience, apporte un éclairage sur cette période marquée également par le meurtre du curé de Mirza, le Père Georges Bouvier. En 2005, des ossements étaient retrouvés à Cabassou et confiés à la police scientifique. « Les marqueurs génétiques sont concordants. La filiation avec Roger Pradinaud est établie à 99,99% » , déclare par visioconférence le premier intervenant de la matinée, docteur en biologie moléculaire.
Une découverte qui ne permettait pas de lever le voile sur l'origine de la mort. Mais, en 2010, un procès devant la cour d'assises de Tours a relancé l'enquête. Éric Denis était accusé par sa victime de s'être vanté d'avoir tué une toxicomane en Guyane. Des révélations, qualifiées par lui d'affabulations, qui ont relancé l'enquête.
IL A JUSTE AIDÉ UN COMPAGNON DE COMPTOIR
Éric Denis était arrivé en Guyane en 2000 après avoir purgé une peine de réclusion pour meurtre. Il avait trouvé un emploi dans une société de gardiennage et logeait dans une chambre d'un bar de la rue du général De-Gaulle.
À la barre, face aux accusations qui pèsent sur lui, Éric Denis déclare avec fermeté : « Je n'ai jamais tué Muriel Pradinaud mais j'ai aidé à transporter son corps. » Il accuse nommément le « témoin » qui était avec lui, le lendemain de la disparition de la victime. Lors de sa garde à vue, ce « témoin » avait déclaré avoir été appelé à l'aide par Éric Denis et avoir vu un corps dans le coffre de sa voiture...
Face au tribunal, il revient sur toutes ses déclarations : « Il n'a rien vu! » De son côté, Éric Denis persiste. Il avait donné sa parole d'aider cet homme, compagnon de comptoir, « trop frêle pour se retrouver en prison » . Il l'a suivi jusqu'à une maison, a pris le corps qu'il pensait sans vie, et l'a finalement déposé derrière une glissière de sécurité : « Pour qu'il soit retrouvé et rendu à sa famille » , affirme Éric Denis.
Le procès se poursuit aujourd'hui.
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