Un carnet à souches utilisé par les personnes réceptionnant les paris (DR)
La police judiciaire a interpellé dix personnes soupçonnées d'appartenir à une filière de jeux clandestins. Trois ont été déférées hier. Une quatrième le sera aujourd'hui.
Dix personnes ont été arrêtées lundi midi à Cayenne et Matoury, dans le quartier de Cogneau, par la police judiciaire. Elles sont soupçonnées d'appartenir à un réseau de paris clandestins appelés la « bòlèt » ou encore « borlette » (1). Ce jeu, sorte de loterie, est très populaire au sein de la communauté haïtienne et dominicaine. Sur les dix personnes, trois ont été présentées hier devant une juge d'instruction, après trois jours de garde à vue. Ils ont été mis en examen pour jeux et paris illégaux en bande organisée. Deux ont été placés en détention provisoire. Le troisième a été laissé libre. Un dernier suspect devrait être présenté au tribunal aujourd'hui. Hier soir, il était toujours en garde à vue.
UN MILLION D'EUROS
L'enquête a commencé voici de nombreux mois. La police savait que des jeux d'argent illégaux avaient cours en Guyane, en particulier à Cayenne. Les paris pouvaient se faire dans la rue ou dans des bars plus ou moins clandestins. Le principe consiste à miser de l'argent sur des numéros allant de 1 à 99. Le joueur verse de l'argent à un courtier. En échange, il obtient un reçu. Pour éviter toute contestation, le jeu s'appuie sur le tirage, deux fois par jour, d'une loterie de New York. C'est en octobre dernier qu'une information judiciaire a été ouverte.
Les sommes saisies sont colossales. Plusieurs centaines de milliers d'euros ainsi que des véhicules très haut de gamme ont été saisis. Les suspects, dont certains auraient pu engranger jusqu'à un million d'euros, auraient investi l'argent ainsi gagné dans le département, en Haïti et à Saint-Domingue et même à Miami.
La bòlèt est apparue dans le département voici une trentaine d'années. Mais c'est la première fois qu'une enquête de cette ampleur porte sur ce jeu d'argent. L'ampleur du réseau a dépassé les espérances de la police judiciaire, qui, pour son enquête, a été aidée par le groupe d'intervention régionale, spécialisé dans l'économie souterraine. Encore au moins un an d'enquête sera nécessaire pour mettre un terme à toutes les ramifications, dont certaines se prolongeraient jusqu'en région parisienne.
(1) Notre édition de mercredi.
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