Une voiture suspecte rôde zone Collery. Ses deux occupants, des Brésiliens en règle, sont contrôlés ( GA)
La patrouille est appelée d'urgence sur la route de la Madeleine ( GA)
Interpellés, les passagers de la voiture sont entendus au poste ( GA)
Ils sont ensuite placés en garde à vue ( GA)
Voilà ce qu'il reste du coffre-fort de Gemo qui, malgré les apparences, n'a pas pu être forcé. (GA)
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Nous avons suivi une patrouille de la Bac dans la nuit de lundi à mardi. Si la surveillance de la zone Collery est devenue une priorité pour la police ces derniers temps, les rondes restent toutefois systématiques dans les quartiers chauds. Reportage.
Il est 22 heures. Le passage de relais entre l'équipe de jour et celle de nuit est sur le point de s'achever. Les consignes sont données. Comme depuis plusieurs semaines, les agents de la Bac (brigade anticriminalité) vont se concentrer sur la zone Collery, là où les cambriolages sont devenus récurrents depuis un moment (lire par ailleurs). Petit tour par la Crique quand même pour se mettre dans le bain, et traquer les éventuels revendeurs de crack qui passent par là. Tout est calme. Comme un lundi. Même les filles de joie et les consommateurs de drogue semblent avoir déserté le quartier. Direction la zone Collery, donc. En chemin, la radio indique qu'une autre patrouille tente d'arrêter un conducteur d'engin qui aurait refusé d'obtempérer. Rien de bien grave. L'homme sera finalement rattrapé.
Ébats amoureux
23h30 : La zone Terca est plongée dans le calme, et l'obscurité. La patrouille est sur le qui-vive. Un véhicule suspect est repéré. Il faut vérifier. Le conducteur n'est pas en infraction. Visiblement, ce jeune couple a jugé le parking de Gemo chaussures assez romantique pour se lancer dans des ébats amoureux. Dommage. Les deux tourtereaux devront terminer leurs affaires ailleurs. La ronde se poursuit. Et deuxième alerte : un véhicule circule en direction de ce petit village de clandestins qui est en train de prendre forme dans les marécages de Collery. À son bord, deux Brésiliens d'une cinquantaine d'années. Après vérifications, le duo est bien en règle. Et peut repartir tranquillement. À la radio, on annonce maintenant qu'un homme a été interpellé pour avoir volé des produits surgelés...
Six clandestins
La zone Collery a été ratissée. Mais au moment de quitter les lieux, une alarme se déclenche. Un peu d'adrénaline. Et le conducteur de la Bac de mettre en avant ses qualités de pilote. Fausse alerte. L'alarme s'est mise en route de manière intempestive. Les agents vérifient quand même... Rien à signaler! Et ça tombe bien, puisque les hommes sont appelés en renfort sur la route de la Madeleine. L'autre équipe de la Bac vient d'intercepter un véhicule « deux places » transportant six Brésiliens. Dans le feu de l'arrestation, un homme est parvenu à s'échapper, alors qu'un autre a tenté de se débarrasser d'un sac à dos. Les témoignages sont confus. Les passagers, tous sans-papiers, affirment ne pas se connaître, et avoir fait du stop. De quoi éveiller les soupçons des agents de la Bac. Le conducteur du véhicule et ses acolytes sont emmenés au poste, menottés, et invités à prendre connaissance de leurs droits. Les détenus peuvent réclamer « un médecin, un avocat ou de la famille » . Eux n'en auront pas besoin. Ils seront donc placés en garde à vue pour séjour irrégulier sur le territoire français. Le conducteur, lui, sera peut-être poursuivi pour aide au transport de clandestins. Ce sera à l'officier de police judiciaire d'en décider. Il est 2h30. Le procès-verbal est rédigé. L'heure de repartir sur le terrain.
La patrouille est appelée d'urgence sur la route de la Madeleine ( GA)
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Interpellés, les passagers de la voiture sont entendus au poste ( GA)
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Ils sont ensuite placés en garde à vue ( GA)
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Petit caillou
Aux alentours de la Crique et de la cité Mango, on peut encore croiser quelques badauds à la recherche d'un « petit caillou » pour passer la nuit. « Il n'y a vraiment pas beaucoup d'animation ce soir » , commente le capitaine Djamal Ouada, commandant des unités de nuit. « Par rapport au week-end, où les interventions s'enchaînent, c'est vraiment mort » . Un dernier passage par la zone Collery s'impose quand même. Une nouvelle voiture suspecte est en vue. Encore un couple à la recherche d'un moment d'intimité dans un recoin perdu de la zone industrielle. Raté. Ce ne sera pas pour cette fois-ci.
Opérant une dernière ronde à bord de la voiture, le commandant Ouada explique « qu'à force, les cambrioleurs ont tendance à opérer un peu plus vers la zone Terca. Ça fait trois fois qu'on les surprend et qu'ils prennent la fuite. Ils commencent à se sentir traqués. De toute façon, nos patrouilles sont permanentes, on essaie de venir à des heures différentes à chaque fois pour les prendre par surprise » . Un cambrioleur averti en vaut deux...
« Nous sommes des proies faciles »
Cambriolée à deux reprises, la directrice de Gemo chaussures, Françoise Gimel, s'insurge contre « tous ces vols qui sont devenus invivables » . La vice-présidente de l'Union des commerçants dénonce « l'insécurité » qui règne zone Collery.
Deux fois en trois semaines. La note commence à être salée pour la directrice de Gemo chaussures.
La semaine dernière, son établissement a de nouveau été visité par des cambrioleurs. Il était près de 2 heures du matin. En fracassant la grille d'entrée, les malfaiteurs ont déclenché l'alarme. « Ils ont coupé les fils mais ça ne sert à rien, raconte Françoise Gimel. Car l'alarme fonctionne avec le GSM! » Avant que les vigiles n'arrivent sur les lieux et incitent les voleurs à s'enfuir, ces derniers se sont aussitôt attaqués au coffre-fort. En vain.
« Ce type de coffre est inviolable » , précise la responsable de l'établissement, qui se dit « lassée de ces vols persistants » . Même si les cambrioleurs sont repartis les mains vides, le montant du préjudice s'élève à près de 7 000 euros. « Le système d'alarme et le coffre sont bousillés, comme la caméra de vidéosurveillance. Il va falloir encore tout remplacer » , peste la directrice.
Voilà ce qu'il reste du coffre-fort de Gemo qui, malgré les apparences, n'a pas pu être forcé. (GA)
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Comme de nombreux commerçants de la zone Collery, elle dénonce « ces vols quasi systématiques qui sont devenus invivables » . « Notre vigile s'est fait braquer par un voleur armé, ça aurait pu être pire! On ne se sent plus en sécurité, et là, c'est la vice-présidente de l'Union des commerçants qui parle. » Pour Françoise Gimel, les commerçants de Collery et Terca sont « des proies faciles » . « Tout le monde sait qu'il y a un village de malfaiteurs derrière la zone qui n'est pas éclairée. On en a ras-le-bol de cette insécurité » , enfonce la directrice de Gemo chaussures. « On veut plus de surveillance, car les voleurs reviennent de plus belle ces derniers temps. Et ils sont armés. On a affaire à des assassins » .
Repères
La cible Collery
Dix-sept vols par effraction ont été enregistrés depuis le début de l'année zone Collery. Comme le note le commissaire Cyril Alavoine : « Il faut aussi ajouter les cambrioleurs mis en fuite par les patrouilles de police, avant d'avoir pu commettre leur méfait » . Toujours est-il que pour la police, la zone industrielle représente le seul endroit où l'on observe « une réelle concentration de cambriolages » . Ce qui s'explique en partie par les difficultés d'intervention rencontrées par les forces de l'ordre. Car très souvent, les voleurs s'enfuient vers la savane marécageuse qui entoure la zone Collery. Les surveillances statiques et mobiles ont donc été renforcées sur ce secteur depuis un mois.
Nouveaux moyens
Pour les agents de la Bac, il s'agit de repérer les auteurs de vols avant même qu'ils ne passent à l'action, et sans se faire voir. Ainsi, dans le cadre de la cellule anti-cambriolage, qui a permis le renforcement de la collaboration entre les forces de police et de gendarmerie, des moyens de vision nocturne performants ont été mis à disposition des équipes de terrain.
Une voiture suspecte rôde zone Collery. Ses deux occupants, des Brésiliens en règle, sont contrôlés ( GA)
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