Dans le chargement au fond de la pirogue, 400 détonateurs (DSJ)
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Une fileuse brésilienne contrôlée par les gendarmes maritimes de l'Organabo transportait du matériel destiné aux sites d'orpaillage clandestins.
Mardi, la vedette côtière de surveillance maritime de la gendarmerie maritime, l'Organabo, participait à la 6e mission franco-brésilienne de lutte contre la pêche illégale (VOIR ICI). Une demi-heure après avoir appareillé de la base navale de Dégrad-des-Cannes, vers 6 h 30, le major Pascal Trecant, qui commande la vedette, aperçoit au moment de passer entre les îlets Le Père et La Mère, une coque en aluminium du type fileuse d'une dizaine de mètres avec à son bord quatre hommes et une femme. Elle essaye de dévier sa trajectoire.
La vedette la rejoint rapidement. Le canot pneumatique Téo est mis à l'eau avec deux gendarmes. Chaque membre de l'équipage a sa mission. Un militaire armé se poste pour assurer la sécurité de ses collègues, les deux autres montent à bord. En surplomb, un gendarme prévient : « Il y a des sabres à l'arrière. » L'officier de liaison brésilien, le capitaine de corvette André Carvalhaes, est un interlocuteur de choix : « Ils disent venir d'Oiapoque. Ils rejoignent Paramaribo où ils travaillent. Ils disent vendre leurs légumes. La femme est cuisinière. » Le piroguier affirme qu'il a 14 heures de navigation pour rejoindre le Suriname. Il fouille ses touques mais ne trouve pas les documents relatifs à son embarcation qui n'est pas immatriculée. Il implore l'officier de liaison qu'on les laisse repartir, quitte à rejoindre Oiapoque.
Un seul des cinq occupants est démuni de papiers d'identité et, si les premières investigations du chargement ne sont pas concluantes, le major et ses hommes restent prudents. Ils ont remarqué que le moteur était recouvert d'une housse neuve, que c'était un moteur puissant, un 95 cv, avec la batterie neuve. Des éléments qui peuvent surprendre. Le piroguier brésilien est invité à rejoindre le port de Dégrad-des-Cannes pour une vérification de l'identité manquante et une inspection du chargement. L'embarcation pneumatique de l'Organabo accompagne la pirogue jusqu'au port.
Une heure plus tard, le major Pascal Trecant apprend par radio qu'il avait eu raison de douter de la bonne foi du piroguier. Dans le chargement de sacs de couac, 400 détonateurs pour des explosifs ont été découverts, ainsi que 2 000 euros en espèces. La pirogue ne devait pas rejoindre directement le Surimame, mais certainement un site d'orpaillage clandestin en Guyane. Le piroguier a été placé en garde à vue et ses passagers auditionnés.
Une enquête a été ouverte dans le cadre de la lutte contre l'orpaillage clandestin.
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