Joseh Nzaou, proviseur adjoint à Mayotte « Nous n'avons jamais été préparés à vivre une telle situation »
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Cyclone à Mayotte

Joseh Nzaou, proviseur adjoint à Mayotte « Nous n'avons jamais été préparés à vivre une telle situation »

Propos recueillis par Joanne BLANC (j.blanc@agmedias.fr)
Le bidonville de Kawéni a été totalement rasé, la population s'est réfugiée au sein du lycée.
Le bidonville de Kawéni a été totalement rasé, la population s'est réfugiée au sein du lycée. • DR

Ce samedi, la petite île de Mayotte située au nord-ouest de Madagascar dans l'océan Indien a été frappée par le pire cyclone qu'elle ait connu en près de 100 ans. Nommé Chido, le pic de la tempête s'est abattu sur les quelques 320 000 habitants faisant à ce jour état de 22 morts et de plus de 1 370 blessés. Pour les membres du lycée des Lumières de Mamoudzou nord qui ont accueilli et continuent d'accueillir plus de 1 500 sinistrés, la situation est catastrophique.

Le cyclone est passé il y a plus de 72 heures, comment vivez-vous cette situation ?

J'ai toujours eu l'habitude de voir les cyclones par-ci par-là à la télévision. Là, je l'ai vécu en vrai, ça a été très difficile. Je l'ai vécu dans mon lycée. Je suis proviseur adjoint au sein du lycée des Lumières de Mamoudzou nord et dès le vendredi matin, nous avions appelé la population avoisinante à venir se réfugier avec nous. Malheureusement, nous avons une population informelle pour la plupart sans papier et sans visa qui ont pris notre offre comme un guet-apens et ne sont pas venus. Ces personnes là vivent dans des maisons passagères notamment au sein du bidonville de Kaweni. Le problème, c'est qu'il y a des pauvres qui veulent voler d'autres pauvres donc finalement certains sont restés pour surveiller leurs maisons. Dans le lycée, nous avons accueilli dès le vendredi soir, femmes et enfants alors que les messieurs retournaient dans les baraquements. Le samedi, une heure avant le pic du cyclone, alors que nous hébergions déjà 287 personnes, beaucoup d'autres nous ont rejoint et nous sommes montés à plus de 1 500 personnes.

Comment faites-vous pour gérer une telle crise ?

En tant que personnel de direction, cela a été très difficile de gérer la situation. Ça a été catastrophique. Pendant 3 heures, le vent a soufflé en ravageant tout sur son passage. Deux grues positionnées non loin du lycée sont tombées, un de nos bâtiments a perdu toutes ses tôles, des salles de classe ont été entièrement inondées,...

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