La Guyane perd ses tortues Luth
L'un des emblèmes de la Guyane, de sa riche biodiversité disparaît : les tortues Luths sont au bord de l'extinction dans nos eaux. Une quinzaine d'associations ou d'institutions étatiques signent une convention appelant l’État français à réagir ainsi que les pouvoirs publics locaux. Il en va d'un enjeu national. Les pêcheurs sont au côté des associations environnementales dans ce combat.
Pourtant le comité des pêches joue le jeu des associations écologiques. Ils disent oui à toutes les demandes, toutes les expérimentations. “Les tortues marines sont responsables de la grande diversité halieutiques de nos eaux”, assure Mathilde Lasfargue, coordinatrice du plan national d'action pour l'office français de la biodiversité. Si elles disparaissent, cet écosystème si riche disparaîtra.
Est-ce que dans dix ans, on devra raconter aux enfants ce qu'était ce monstre marin qui sortait des océans pour verser ses larmes lourdes sur le sable guyanais car ils n'auront plus l'occasion d'en voir une ?
La tortue Luth aurait pu devenir un atout du tourisme guyanais, cette possibilité s'amenuise. Et les autres espèces de tortues se portent guère mieux : -75% de pontes de tortues olivâtres, et 60 à 80% des tortues vertes femelles marquées par le Centre national de la recherche au cours de la dernière décennie ont disparu.
Un seul responsable est pointé par la motion signée ce vendredi par 15 responsables environnementaux : la pêche illégale non déclarée non réglementée (INN) qui représente prés de 60% des prises de pêches dans les eaux guyanaises d'après les spécialistes : l'OFB mais aussi le WWF et les associations pour l'environnement de Guyane tel Kwata qui gère l'interaction du public sur les sites de pontes la Collectivité territoriale, les réserves naturelles, le conservatoire du littoral, les pêcheurs guyanais. “L'augmentation de 30% des activités de pêches INN étrangère au sein de la réserve naturelle nationale de l'Amana a été recensée lors d'un survol aérien entre Iracoubo et l'estuaire du Maroni en 2021 contre quatre dans les années 2000. 25 tapouilles ont été comptées”, dénonce la motion.
Ils tirent donc tous la sonnette d'alarme et apportent dix solutions dont : adapter le cadre législatif, redistribuer les moyens humains de surveillance, dépolluer les fonds côtiers et les estuaires des objets “fantômes” abandonnés par les pêcheurs.
La pêche légale en Guyane constitue la troisième production du pays, la première contributrice de l'économie bleue.

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