Une alternative au malathion testée... et recalée
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
8s
×
SANTÉ

Une alternative au malathion testée... et recalée

A. S.-M.
Le malathion, insecticide et neurotoxique, interdit en Europe, sera pulvérisé en Guyane pendant près de six mois (photo d'illustration)
Le malathion, insecticide et neurotoxique, interdit en Europe, sera pulvérisé en Guyane pendant près de six mois (photo d'illustration)

L'institut Pasteur a testé un combiné deltaméthrine/PBO qui aurait pû servir dans la lutte contre le chikungunya. Mais le moustique tigre est décidément très résistant.

Le 28 mai, l'institut Pasteur publiait les conclusions d'une étude réalisée dans le cadre de la demande de dérogation pour l'emploi de malathion.
L'unité d'entomologie médicale a testé la résistance des moustiques tigres (aedes aegypti) à la deltamétrhine et au malathion. Elle a aussi mené l'expérience en combinant la deltaméthrine - utilisée jusqu'à présent - et le PBO, pour piperonylbutoxide. L'hypothèse était que cette substance pourrait éventuellement faire baisser la résistance du moustique à la deltaméthrine.
PAS PLUS DE 30% D'EFFICACITÉ
Les tests menés sur la delaméthrine se sont conclus par une mortalité inférieure à 20%, confirmant sans surprise « l'existence d'une forte résistance d'aedes aegypti à cet insecticide en Guyane » .
Concernant la combinaison de la deltaméthrine avec le PBO, deux tests ont été menés : un mélange des deux substances et l'exposition du moustique au PBO avant l'utilisation de la deltaméthrine. Mais, dans un cas comme dans l'autre, cette association « n'a pas permis d'augmenter significativement le pourcentage de mortalité » .
Au mieux, la mortalité est montée à 30%. « L'utilisation d'un mélange de deltaméthrine et de PBO ne semble pas constituer une solution intéressante pour restaurer l'efficacité de la deltaméthrine » , conclut le rapport.
Les tests sur le malathion ont été réalisés avec deux concentrations différentes, 0,8% et 5% (1). Avec 0,8%, les résultats montrent qu'une « résistance au malathion est largement répandue chez aedes aegypti en Guyane » , avec un maximum de 30% seulement de mortalité. À 5%, en revanche, « la mortalité [...] a été beaucoup plus importante, avec près de 100% de mortalité » .
Dans sa conclusion, le rapport d'étude estime que « utilisé à une dose opérationnelle, il est donc possible que le malathion présente une certaine efficacité contre les populations d'aedes aegypti de Guyane » .
Mais les chercheurs précisent que la durée d'usage devra être la plus courte possible afin d'éviter de développer la résistance du moustique. Enfin, le document se conclut par cette ultime recommandation : il faut « avant tout cibler les stades larvaires, en privilégiant la destruction physique des gîtes » . Lorsque la destruction « physique » n'est pas possible, il recommande « l'utilisation de larvicides tel que le BTI, pour lequel il n'existe pas de résistance en Guyane » .
(1) Le malathion 5% est notamment utilisé dans certains traitements contre les poux ou la gale.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger
8s
×