Prestataire pas "à la hauteur", pas de cantine jeudi et vendredi à Cayenne
Alors que la grève se poursuit à Cayenne, les élèves de seules huit écoles ont été servis un repas via un prestataire extérieur mardi. Cependant, ni l'heure de livraison, ni la qualité du menu ont convaincu. En réponse, la mairie a annoncé que le service restauration ne sera pas assuré avant les vacances.
La grève menée depuis le 25 janvier par l'UTG (Union des travailleurs guyanais) paralyse les services de la mairie de Cayenne. L'école, les parents et les élèves sont les victimes collatérales de ce mouvement.
L'appel à des prestataires extérieurs avait été l'une des solutions abordées le samedi 3 février lors de la réunion entre la mairie et les parents d'élèves de Cayenne. La première réponse avait été de mieux répartir les agents non grévistes pour ouvrir un maximum d'écoles. Ainsi, entre le vendredi 2 et le lundi 5 février, le nombre d'établissements ouverts à Cayenne est passé de 9 à 18. Mais toujours sans aucun service de cantine proposé.
La cantine est revenue le jour suivant, mardi, mais de manière très partielle, par le biais de prestataires extérieurs. Les élèves de seuls huit établissements ont pu profiter de ce service. Et là encore, les parents n'ont pas été satisfaits. « Les parents des écoliers de Cayenne sont sous le choc », relève Véronique Jean-Charles, organisatrice de la mobilisation des parents d'élèves cayennais. « Les repas annoncés pour 8 écoles sont arrivés très tard comme à Luckner-d'Abreu à 13 h 20 et à Dorville-Léonço à 13 h 35. Pour rappel, les enfants sont en général servis à partir de 11 h 30. Les enfants en petite section doivent faire la sieste. Résultats, repas livrés tard et reprise très compliquée. Nous dénonçons fortement ce manque de respect des enfants et des parents qui ont fait confiance à Mme le Maire. »
Le nouveau groupement des parents d'élèves a aussi fait savoir à Sandra Trochimara, madame le maire, son ressenti par courrier.
En réponse, l'édile assure ce matin que la ville ne fera plus appel aux prestataires pour les jours à venir car « les prestations n'ont pu être mises en œuvre à la hauteur de nos souhaits. »
On comprend alors qu'avec l'arrivée des vacances carnavalesques, il faudra attendre deux semaines de plus pour un retour à la normale. Soit un mois sans école, sans cantine et sans garderie pour une grande partie des enfants cayennais. Un immense trou dans leur éducation. « L'école sociabilise les enfants. Avec ces grèves à répétition, ils s'isolent. Les enfants sont déstabilisés », nous confiait effectivement un parent du collectif plus tôt dans la semaine.
En ce qui concerne les négociations entre la mairie et l'UTG, rien n'a été simple. Gilles Beaudy, représentant syndical, indique mardi que deux réunions n'ont servi à rien. « Les deux élus venus à notre rencontre [Christian Faubert et Nestor Govindin NDLR] arrivaient sans rien, juste avec des discours. »
Il a fallu attendre le mardi 6 février pour que la mairie fasse un pas. Soit des propositions sur l'avancement du grade des agents ainsi que sur leur titularisation. « C'est à partir de là que le travail de négociation peut commencer », répondait alors Gilles Beaudy.
Le syndicaliste estime, aujourd'hui, qu'une fin de grève et une réouverture complète des écoles avant la fin des vacances ne serait « pas possible », indiquant également « ça ne servirait pas à grand-chose de rouvrir vendredi. »
Enfin, certains parents signalaient en début de semaine que la liste des écoles ouvertes telle qu'elle est communiquée par la mairie est incorrecte. Les écoles Vendôme et Chambaud n'auraient pas accueilli d'élèves mardi. Nous n'avions pas pu confirmer ces informations sur le moment.
On apprend, ce mercredi, qu'un inspecteur de l'Éducation nationale a envoyé un courriel à l'établissement Samuel-Chambaud. Le mail remet les pendules à l'heure. Sur un ton ferme, l'inspecteur rappelle à l'établissement "que votre école est ouverte. L'accueil des élèves doit avoir lieu selon les horaires habituels d'ouverture de l'école. Dans le cas où l'agent [des affaires scolaires, NDLR] ne se présenterait pas, il vous revient d'ouvrir les portes de l'école et de donner aux PE [Professeurs des écoles] leurs clefs de classe qui si je m'en souviens bien sont à disposition dans le bureau des Directeurs. Les familles de vos élèves comptent sur vous. Les parents doivent poursuivre leur activité professionnelle."
On comprend ainsi que le rectorat est particulièrement attentif à la situation et au respect des règles en vigueur.
La liste officielle des écoles ouvertes jeudi, sans cantine donc, n'a pas encore été communiquée.

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