La pluviométrie de ce mois de février a été supérieure à la moyenne. Kourou et Cayenne ont connu des précipitations record.
Le mois de février qui se termine a sans doute été l'un des plus pluvieux de ces dernières décennies, du moins sur le littoral. Si Météo France n'a pas encore publié son bulletin mensuel, les relevés au 26 février montrent déjà une très grosse pluviométrie sur les régions de Cayenne et Kourou où les valeurs relevées sont quasiment deux fois plus importantes que les valeurs moyennes pour le deuxième mois de l'année. La ville spatiale a d'ailleurs battu un record de précipitations pour un mois de février avec 492 millimètres d'eau relevés sur la station de Kourou plage, soit un cumul de 492 litres par mètre carré. L'ancien record était de 456 mm.
CAYENNE PROCHE DU RECORD DE 1950
À Cayenne, où la moyenne pour février est de 253 millimètres, le poste de Cayenne Ville avait relevé dimanche 604 millimètres. « C'est le deuxième mois le plus arrosé depuis 1950 » , confie Thomas Beck, ingénieur commercial et chargé des communications à Météo France Guyane, qui s'attend à ce que le record soit battu d'ici ce soir. Sur le poste de relevé de l'aéroport, en revanche, on reste loin du record (919 millimètres) avec environ 700 millimètres tombés ce mois-ci, ce qui est nettement supérieur à la moyenne. Ce phénomène de forte pluviométrie en février se concentre principalement sur le nord-est du département. « Plus on va vers l'Ouest, plus on se rapproche de la normale » , confirme Thomas Beck. Dans l'intérieur des terres, les valeurs relevées au 26 février n'étaient que légèrement au-dessus des normales, sauf à Saint-Georges qui a été un peu plus arrosé.
LA ZIC BIEN À SA PLACE
« Les fortes pluies sont normales pour la saison, rappelle Thomas Beck, la zone intertropicale de convergence, la zic, descend vers le sud, mais cette année, elle est un peu plus haute en altitude que d'habitude. » C'est cette position haute qui explique en grande partie les précipitations plus importantes que les années précédentes. La zic devrait donc bientôt nous laisser un peu de répit. « Statistiquement, la zic se pose sur l'Équateur en mars, poursuit Thomas Beck, mais il peut très bien pleuvoir en Guyane en raison d'autres phénomènes, comme des pluies amenées par les alizés. Selon les prévisions, on devrait avoir un peu plus de pluie que la normale sur les quatre semaines à venir. » En résumé, on devrait bien connaître le fameux petit été de mars mais il devrait être légèrement arrosé. La fin de semaine, en revanche, s'annonce belle et sèche.
- 9 stations automatiques
Météo France Guyane dispose de neuf stations automatiques qui envoient directement les données relevées au centre météo de l'aéroport Félix-Éboué. Elles sont disposées à Saint-Georges, Cayenne aéroport, Cayenne ville, Kourou Pariacabo, Kourou CSG, Kourou plage, l'île Royale, Saint-Laurent et Maripa-Soula. En plus de la pluviométrie, ces stations mesurent également différentes données telles que la température, le vent ou la pression atmosphérique. En plus de ces neuf stations automatiques, 29 postes de relevés manuels sont répartis sur le territoire. Ces postes nécessitent l'intervention de bénévoles qui envoient les données relevées une fois par mois au centre de Météo France. Enfin, Météo France utilise également des images radar et satellites pour mesurer le cumul des pluies sur les zones sans station météo. Les données sont alors moins précises mais permettent de couvrir des secteurs beaucoup plus vastes.
- Des routes qui souffrent
Elle a fait couler beaucoup d'encre et râler des milliers d'automobilistes. Cette fois-ci, la route de Cacao semble résister à la pluie. Refaite lors de la dernière saison sèche - après qu'une partie du revêtement se fut affaissée dans le bas-côté - elle n'a pas subi beaucoup de dégâts. En revanche, il a fallu déboucher les canalisations, dans lesquelles de la terre avait coulé.
À Iracoubo, la déviation temporaire de la RN1 - côté Saint-Laurent - a souffert de la pluie. Des trous obligeaient les automobilistes à rouler au ralenti. La chaussée a été réparée la semaine dernière.
Sur la piste Tarzan, réparée l'an dernier pour assurer la sécurité des collégiens, les trous sont réapparus sur la portion située entre le collège et le carrefour de Petit-Lucas (notre photo). En revanche, le revêtement tient le coup entre le collège et la route du Tigre.
Les routes ne sont pas les seules à subir les conséquences des pluies. Un pan de la colline de Baduel s'est effondré, obligeant la mairie à évacuer une cinquantaine d'habitants. Les défilés du carnaval ont vu leur fréquentation diminuer et l'Auberge des orpailleurs a dû fermer quelques jours : l'Orapu était montée jusque dans les carbets.
• P-Y.C
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