« Entre 95 et 98%! » C'est, selon l'intersyndicale, le taux de grévistes parmi les enseignants et les personnels de vie scolaire à la journée de grève d'hier au lycée professionnel de Balata, à Matoury. L'intersyndicale avait déposé un préavis de grève suite à plusieurs agressions aux abords de l'établissement mais aussi en raison de dysfonctionnements internes. Face à l'absence de réponse du rectorat et du chef d'établissement, les syndicats ont décidé de déposer un nouveau préavis, reconductible cette fois, pour le lundi 13 octobre. L'intersyndicale réclame notamment l'embauche de trois assistants d'éducation supplémentaires. Selon Rachel Dettori, CPE au lycée de Balata, ces postes sont rendus indispensables entre autres par « les dysfonctionnements » liés au transport scolaire. « Les premiers élèves arrivent à 6 h 30 et les derniers repartent à 18 h 30. Or, nous ne pouvons assurer la surveillance que jusqu'à 17 h 15. Du coup, le soir, les élèves sont seuls à attendre le bus et cela crée un sentiment d'insécurité. » Concernant l'insécurité aux abords du lycée, justement, une réunion aura lieu cette après-midi en mairie avec des représentants de la municipalité, du rectorat, de la police et de la gendarmerie. Une réunion qui s'annonce tendue vue l'amertume des enseignants. Ils reprochent au maire Gabriel Serville, pourtant ancien proviseur de ce lycée, son manque de réactivité sur le sujet. « Une académie à la dérive » selon le SE-Unsa
Parallèlement à la grève du lycée de Balata hier matin, le syndicat SE-Unsa a fait un point sur les problématiques rencontrées depuis la rentrée, dénonçant « une académie à la dérive » . Primo, la centaine de « collègues en détresse » non payés depuis septembre (notre édition de mardi). Ainsi que les nombreux stagiaires et contractuels « méprisés, pour qui le rectorat refuse de traiter les recours » .
Deuxio, la difficulté à mettre en place les rythmes scolaires, « comme à Macouria où il y a un vrai problème de rotation » . Tertio, les « conditions scandaleuses d'installation des collègues en sites isolés » sans pirogue ni moyens de communication et dont la prime d'éloignement est dérisoire. Des enseignants qui ne seraient pas recensés correctement par l'académie. Le SE-Unsa indique avoir sollicité le rectorat pour une table ronde sur ce sujet, avec les collectivités et des promoteurs, sans retour encore. Didier Dorlipo, secrétaire général du syndicat, encourage les parents à poursuivre leurs mobilisations à travers les différentes communes du département. Ceux de Papaïchton ont d'ailleurs annoncé un mouvement à venir (lire en page 6).
R.F.
Colère à Melkior
Hier matin, des élèves de 1re ST2S du lycée Melkior-Garré (Cayenne) ont appelé leurs camarades à boycotter les cours. Une poignée s'est installée devant l'établissement avec des pancartes, exigeant de « travailler dans de meilleures conditions » . À l'origine de leur colère, la chute, mardi, d'une fenêtre en plein cours, sur un ordinateur et un microscope. « Un gond est malheureusement sorti. Je comprends parfaitement que tous aient été effrayés. Nous avons immédiatement alerté la Région, qui scrute régulièrement le lycée » , affirme Josette Lonchampt, la proviseur.
Les élèves dénoncent d'autres dysfonctionnements. « La climatisation, c'est un vrai problème. Toutes les salles où ça ne fonctionne pas puent énormément. Ça bloque l'accès à certaines salles de TP. On meurt de chaud et même les fontaines d'eau sont en panne! Des fois on va boire dans les robinets des toilettes mais ils sont sales. Et puis quand on a besoin d'internet pour certains cours, ça ne marche pas tout le temps... » La proviseur pour sa part indique avoir reçu les élèves. « J'ai entendu leurs remarques tout à fait légitimes et j'ai vu avec les différents services ce qu'il est possible de faire. » Elle affirme également que les climatisations sont déjà achetées. Quant aux fontaines à eau, « le problème c'est que les pièces en panne sont très fragiles et peu durables. J'ai demandé à ce qu'on change le modèle. »
R.F.
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