Mama Bobi arrête l'aide alimentaire sur le fleuve
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GRAND-SANTI, PAPAÏCHTON & MARIPASOULA

Mama Bobi arrête l'aide alimentaire sur le fleuve

Pierre-Yves CARLIER
Distribution alimentaire sur le Maroni, par l'association Mama Bobi (photo d'archives)
Distribution alimentaire sur le Maroni, par l'association Mama Bobi (photo d'archives)

Depuis les inondations de 2008, l'association distribue des conserves dans les campoes. Elle estime ne plus avoir le moyen de le faire et demande aux communes de créer des CCAS pour prendre le relais.

Cette semaine, sur le fleuve, c'est cassoulet. Chez Mama Bobi, on a conscience des aspects parfois décalés de l'aide alimentaire mais « ça dépanne » , souligne son directeur Marc Perroud. Toute la semaine, l'association a sillonné les campoes d'Apatou, Grand-Santi, Papaïchton et Maripasoula, pour distribuer de l'aide alimentaire. Une distribution présentée comme la dernière, faute de pouvoir pérenniser la pirogue. Mama Bobi, qui continuera d'être approvisionnée par la Croix-Rouge, poursuivra uniquement à Saint-Laurent et Apatou.
PRÈS DE 30 000 TONNES DE NOURRITURE DISTRIBUÉES
Les pirogues alimentaires ont commencé lors des inondations de 2008 : « En s'arrêtant dans les campoes, on voyait pas mal d'anciens déconnectés de leur famille et des jeunes. Ils n'avaient plus la force d'aller à l'abattis. » L'association calcule qu'elle a distribué environ 30 000 tonnes de nourriture, à raison de quatre à six pirogues par an.
Pour convoyer la nourriture, Mama Bobi profitait des financements qu'elle obtenait pour d'autres actions : la sensibilisation aux économies d'énergie via le Programme régional de maîtrise de l'énergie, et la prévention sanitaire via l'Agence régionale de santé. « On sait que c'est irrégulier : quand on nous donne une subvention, ce n'est pas pour faire autre chose. Mais s'il restait de la place dans la pirogue, pourquoi ne pas y mettre un peu de nourriture » , se justifie le président Papa G.
« IL Y A DE LA MALNUTRITION CHEZ LES SENIORS »
Le problème, c'est que ces autres programmes ne sont plus financés à la même hauteur. « Nous n'arrivons plus à pérenniser cette pirogue » , détaille Marc Perroud. Et de regretter la passivité des communes sur ce sujet : « On pensait qu'après avoir lancé l'action, elles nous relaieraient. Les communes de plus de 4 000 habitants sont censées avoir un CCAS (centre communal d'action sociale). »
Or, seul Maripasoula est en train de créer le sien. « Nous, on ne demandait pas aux bénéficiaires de remplir des fiches, on ne faisait pas d'enquête sociale. Il y avait peut-être des tricheurs, mais quand on vient à la distribution alimentaire, c'est qu'on a faim. On voit qu'il y a de la malnutrition chez les seniors. »

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