Cette semaine, sur le fleuve, c'est cassoulet. Chez Mama Bobi, on a conscience des aspects parfois décalés de l'aide alimentaire mais « ça dépanne » , souligne son directeur Marc Perroud. Toute la semaine, l'association a sillonné les campoes d'Apatou, Grand-Santi, Papaïchton et Maripasoula, pour distribuer de l'aide alimentaire. Une distribution présentée comme la dernière, faute de pouvoir pérenniser la pirogue. Mama Bobi, qui continuera d'être approvisionnée par la Croix-Rouge, poursuivra uniquement à Saint-Laurent et Apatou. PRÈS DE 30 000 TONNES DE NOURRITURE DISTRIBUÉES
Les pirogues alimentaires ont commencé lors des inondations de 2008 : « En s'arrêtant dans les campoes, on voyait pas mal d'anciens déconnectés de leur famille et des jeunes. Ils n'avaient plus la force d'aller à l'abattis. » L'association calcule qu'elle a distribué environ 30 000 tonnes de nourriture, à raison de quatre à six pirogues par an. Pour convoyer la nourriture, Mama Bobi profitait des financements qu'elle obtenait pour d'autres actions : la sensibilisation aux économies d'énergie via le Programme régional de maîtrise de l'énergie, et la prévention sanitaire via l'Agence régionale de santé. « On sait que c'est irrégulier : quand on nous donne une subvention, ce n'est pas pour faire autre chose. Mais s'il restait de la place dans la pirogue, pourquoi ne pas y mettre un peu de nourriture » , se justifie le président Papa G. « IL Y A DE LA MALNUTRITION CHEZ LES SENIORS »
Le problème, c'est que ces autres programmes ne sont plus financés à la même hauteur. « Nous n'arrivons plus à pérenniser cette pirogue » , détaille Marc Perroud. Et de regretter la passivité des communes sur ce sujet : « On pensait qu'après avoir lancé l'action, elles nous relaieraient. Les communes de plus de 4 000 habitants sont censées avoir un CCAS (centre communal d'action sociale). » Or, seul Maripasoula est en train de créer le sien. « Nous, on ne demandait pas aux bénéficiaires de remplir des fiches, on ne faisait pas d'enquête sociale. Il y avait peut-être des tricheurs, mais quand on vient à la distribution alimentaire, c'est qu'on a faim. On voit qu'il y a de la malnutrition chez les seniors. »
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