Les abeilles au service de l'air
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Les abeilles au service de l'air

A.S.-M.
Jean-Philippe Champenois s'apprête à effectuer un prélèvement sur l'une des trois ruches test (ASM)
Jean-Philippe Champenois s'apprête à effectuer un prélèvement sur l'une des trois ruches test (ASM)

Une technique de contrôle de la qualité de l'air, basée sur l'analyse d'abeilles, est mise en place en Guyane.

Les abeilles nous aideront-elles à surveiller la qualité de l'air ? C'est déjà le cas dans plusieurs communes et agglomérations de l'Hexagone et ça pourrait l'être bientôt chez nous.
Le bureau d'étude NBC, basé à Cayenne, vient en effet de lancer les premiers essais en la matière. « Apilab, qui est le premier groupe de biosurveillance par l'abeille en France, nous a contacté car il veut lancer cette biosurveillance en milieu tropical » , explique Nicolas Brehm, directeur de NBC. Cette biosurveillance de l'air peut intéresser des collectivités mais aussi des entreprises. Ainsi, la société Ciment Guyanais, basée à Dégrad-des-Cannes, cofinance le projet pilote en Guyane. L'objectif pour cette entreprise est de contrôler les micro particules de ciment qui pourraient être émises dans l'air. Pour cela, l'abeille s'avère être un indicateur de choix, les particules, grossières et fines, se fixant sur l'insecte par l'effet de l'électricité statique provoqué par les battements d'ailes.
ANTICIPER LES PICS DE POLLUTION
Pour effectuer ces mesures, NBC a disposé trois ruches à Matoury, à quelques centaines de mètres de Dégrad-des-Cannes à vol d'oiseau, sous le vent par rapport à l'entreprise. Sur place, Jean-Philippe Champenois, entomologiste indépendant, a prélevé hier quelques individus qui ont été aussitôt envoyés à un laboratoire dans l'Hexagone pour y être analysés par balayage électronique. Les résultats prendront trois semaines à être connus. Ce prélèvement a été suivi de près par Alexis Jeannot, ingénieur d'étude à l'Ora (Observatoire régional de l'air), très intéressé par le procédé. « Nous avons un analyseur à Guimanmin, à Matoury, qui surveille la quantité de particules dans l'air, mais nous ne connaissons pas exactement la composition chimique des particules, précise l'ingénieur. Les abeilles nous permettraient de connaître la qualité des particules, donc leur origine. Cela pourrait nous permettre d'anticiper les pics de pollution. »
A terme, NBC devrait aussi mettre en place un système d'alerte quasi-instantanée. « Il s'agit d'un système de comptage électronique placé à l'entrée de la ruche, explique Jean-Philippe Champenois. Une alerte est lancée dès que la mortalité est supérieure à la normale. » Un fier service que pourraient nous rendre les abeilles.
(Arnaud Saint-Maxent)
(Arnaud Saint-Maxent)

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