« Des études d'impact réalisées au Canada montrent qu'il n'y a pas de risque pour la santé humaine » , affirme Sandrine Chantilly (ASM)
Hier, les services de l État et du Département ont tenu à faire le point sur l'utilisation du malathion pour lutter contre le chikungunya. Le produit ne serait pas aussi toxique pour l'homme qu'on le croit.
Un sondage réalisé sur le site internet de France-Guyane e n fin de semaine dernière montrait à quel point l'utilisation annoncée du malathion provoque des craintes dans la population. 70% des votants sont contre. Pourtant, à en croire le directeur de l'ARS, Christian Meurin, et la directrice du service départemental de démoustication, Sandrine Chantilly, ce produit ne serait pas plus toxique que la deltaméthrine, utilisé jusque-là mais rendu inefficace par la résistance développé par le moustique aedes aegypti, vecteur de la maladie. « Le malathion fait partie de la liste des produits autorisés par l'OMS. De nombreux pays l'utilisent après avoir effectué des études bénéfices/risques » , rassure Christian Meurin. L'Organisation mondiale de la santé a classé le malathion parmi les produits peu dangereux. A condition que de nombreuses préconisations soient respectées, comme le rappelle le haut conseil de la santé publique. « Toutes les précautions sont déjà prises dans le cadre de l'utilisation de la deltaméthrine, affirme Sandrine Chantilly. Le conseil général va quand même réactiver la formation et l'information des agents. »
PAS INTERDIT PAR L'EUROPE
Mais alors pourquoi le malathion est-il interdit en Europe ? « L'Union européenne n'a pas interdit le malathion, rectifie Sandrine Chantilly. Mais en 2008, il n'y a pas eu de demande de renouvellement de son autorisation de commercialisation en tant que lutte antivectoriel. » En fait, les industriels européens se seraient détournés de ce produit car la deltaméthrine serait toujours efficace sur le vieux continent. Le malathion y est en revanche toujours utilisé comme produit phytosanitaire dans l'agriculture.
Aujourd'hui, les autorités sanitaires comptent beaucoup sur ce moyen pour contenir l'épidémie de chikungunya et éviter qu'elle ne se généralise à tout le territoire. « La situation sanitaire est potentiellement grave, s'inquiète Christian Meurin. Personne n'a souhaité se priver d'un moyen qui permet de lutter contre le chikungunya. » Un moyen dont l'efficacité serait proche de 80% selon des tests réalisés en extérieur. Les discussions sont en cours avec un fournisseur, le produit ne devrait pas arriver en Guyane avant plusieurs semaines.
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