La section américaine : Back to America !
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Éducation

La section américaine : Back to America !

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
La section américaine 2022
(De gauche à droite) : Fanély, Claude, Alixia, Isabelle, Lola, Khemia,Brandon et Arthur viennent de finir leur car wash. Ces élèves de première passeront en 2024, le bac français international, un diplôme reconnu par le système américain qui nécessite de nouer individuellement un partenariat international. Une raison de plus d'organiser ce voyage en première et non plus en seconde. • GG

La section internationale américaine du lycée Melkior-Garrée a organisé un car wash afin de préparer son voyage à Boston fin avril-début mai. Une tradition de retour après trois ans d'arrêt à cause de la pandémie. 

Ils sont au milieu de la route, plein d'énergie et vous obligent à un détour par le lycée Melkior-Garrée pour faire nettoyer votre voiture. Ils ? Ce sont les lycéens de la section internationale américaine, classe de première. Leur fameux car wash est de retour après trois ans d'arrêt cause Covid.

Une bonne nouvelle qui indique qu'un voyage aux États-Unis est au programme cette année.

« Nous allons à Paramaribo prendre l'avion pour Miami puis Boston. On passe quelques jours dans cette ville, dans une auberge de jeunesse pour visiter Harvard entre autres puis on séjourne dans des familles dans l'île de Martha's Vineyard. C'est une île où les Obama ont leur résidence », s'enthousiasme Alixia. « Et les Kennedy aussi habitent cette île », ajoute Khemia.

L'ambiance est festive ce samedi en fin de matinée.

Le projet d'immersion culturelle se précise pour cette classe de première de 23 membres. Seule ombre au tableau et pas des moindres... Les États-Unis exigent le vaccin contre le Covid. Il y aussi des problèmes de visa pour les élèves qui n'ont pas la nationalité française. « Il faut faire des démarches auprès de l'ambassade américaine basée à Paramaribo. Pour l'instant, on part avec 17 élèves et trois professeurs. Avec de la chance, on sera plus nombreux », se projette Rod Craig, l'un des responsables depuis la première de cette section. Deux élèves auraient refusé de se faire vacciner.

 

Un budget de 75 000 euros
 

Les méandres administratifs ne perturbent pas les élèves qui frottent avec application les carrosseries. Des amis d'autres classes sont venus les aider ainsi que leurs camarades de terminale et de seconde. Ils récoltent trois mille euros sur cette action.

Des applaudissements récompensent leurs efforts.

« Nous avions battu la première fois le record absolu du car wash, là avec la pluie on a fait moins. Nos actions sont importantes. Elles permettent d'alléger la cotisation de nos familles et de souder la classe », confie Alixia.

« Le budget se monte à 75 000 euros pour passer deux semaines aux États-Unis. En gros, un tiers du budget provient des subventions, un tiers des familles et un tiers des actions des élèves », détaille Rod Craig.

Ce dernier avec Sophie Boucherot ont mis en place une classe mythique dans le monde de l'éducation en Guyane. Il s'agit de la classe élite par excellence. Chaque professeur de troisième espère envoyer un ou deux élèves dans cette section. Elle sert de levier de motivation, ainsi que sa jumelle, la section brésilienne/portugaise.

Une sélection fin de 3e
 

Une petite centaine d'élèves tente leur chance au mois de mai -un test écrit puis un oral- et seulement 30 sont retenus.

« Effectivement, nous sommes un peu à part. Dans les couloirs, au CDI, on entend « Ah ce sont les internationaux... ». Nous sommes en permanence la classe avec les meilleurs résultats. Mais il n'y a aucune jalousie de nos camarades. On travaille plus que les autres avec 7 heures de plus par semaine », reconnaît Isabelle. « Non, on a quatre heures de plus que les autres », intervient Khemia.

« C'est une section d'excellence. Elle est reconnue comme telle. Nous prenons de bons élèves de troisième et nous devons les amener en trois ans à être « fluent » en anglais. C'est à dire obtenir le niveau C1-C2. Il y a donc beaucoup de travail à effectuer. Pas loin de 50% des apprentissages sont en anglais. Les élèves en terminale doivent lire Shakespeare dans le texte originel. Ils ont quinze œuvres à lire pour leur bac », prévient Rod Craig.

Un tiers des oeuvres sont africaines-américaines
 

Autre originalité de ce bac français international, que passeront ces élèves : un tiers des œuvres étudiées sont écrites par des Africains-Américains. Une grande place est faite au post-colonialisme aussi.

Là, le voyage à Martha's Vineyard connu pour être le lieu de tournage des Dents de la mer concerne plus le changement climatique qui atteint cette petite île du Massachusetts. Un thème que les Guyanais pourraient partager avec leur hôte en retour. Pourtant, depuis la création de ces échanges, aucune classe américaine n'a rejoint notre territoire.

« Nous le souhaitons mais administrativement, c'est compliqué. Les exigences américaines sont très élevées mais nous y travaillons », assure Rod Craig.

En attendant, les élèves de la section américaine vont continuer leurs actions tout en potassant leurs premières épreuves du bac et faire ainsi honneur au dolo américain : « No pain no gain ».

Recherche de sponsors

L'association de parents d'élèves Melkior-Aamerica recherche des sponsors pour aider les projets de la section internationale américaine. Les dons offrent une déduction d'impôts de 60%. Contact : melkior.america@gmail.com