Hôpital de Cayenne : l'UTG refuse la sous-traitance
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Hôpital de Cayenne : l'UTG refuse la sous-traitance

A.S.-M.
La cantine de l'hôpital de Cayenne, comme d'autres services, devrait bientôt être externalisée. Le projet, en cours de formalisation, doit être présenté aux instances de l'hôpital « avant la fin du dernier trimestre » , promet le directeur (photo d'archives)
La cantine de l'hôpital de Cayenne, comme d'autres services, devrait bientôt être externalisée. Le projet, en cours de formalisation, doit être présenté aux instances de l'hôpital « avant la fin du dernier trimestre » , promet le directeur (photo d'archives)

L'UTG-santé dénonce un projet d'externalisation de plusieurs services techniques au centre hospitalier de Cayenne, dont la restauration. Le directeur évoque des raisons budgétaires et qualitatives.

En juin dernier, invité d'une émission de radio, le directeur du centre hospitalier Andrée-Rosemon de Cayenne, Dominique Delpech, évoque un projet d'externalisation des services logistiques de l'hôpital. Autrement dit, il envisage de sous-traiter une partie des activités non-soignantes.
Pour l'UTG-santé, l'annonce est prématurée, le projet en question n'ayant été présenté ni aux organisations syndicales, ni au conseil de surveillance de l'établissement. Mais le syndicat ne réagit pas tout de suite. « C'est lors d'une réunion le 21 août que le directeur nous a confirmé qu'il prévoyait d'externaliser » , raconte Patricia Saïd, secrétaire générale de l'UTG-santé. La cuisine, le magasin général, le standard et les archives sont concernés. Le syndicat se positionne aussitôt contre ce projet. Il craint notamment des suppressions d'emploi parmi les agents contractuels et une détérioration de la qualité du service.
UN EFFORT DEMANDÉ PAR L'ÉTAT
Pour le directeur, en revanche, il faut confier ces tâches « à des professionnels dont c'est le coeur de métier » , afin d'améliorer la qualité.
Cependant, un premier « test » a lieu depuis plusieurs années avec l'externalisation d'une partie de la blanchisserie. Et de l'avis du directeur comme du syndicat, les résultats seraient peu probants. Dominique Delpech promet cependant que des efforts vont être faits en ce sens.
Mais la raison d'être de ce projet tient aussi, selon le directeur, dans un programme plus ambitieux. « Nous sommes en train de solliciter l'aide de l'État dans le cadre d'un grand projet de développement, explique-t-il. L'État est d'accord pour apporter une aide financière mais demande à l'hôpital d'être plus performant dans sa gestion budgétaire et d'avoir des finances à l'équilibre. » C'est donc par cette externalisation que se traduisent les « efforts budgétaires » réclamés par l'État. Inacceptable pour l'UTG-santé.
Le directeur, lui, promet, grâce à ce projet de développement, 140 lits supplémentaires sur les cinq prochaines années et 225 emplois créés, dont une grande partie serait des redéploiements de personnels issus des services externalisés.
FACE À FACE
Patricia Saïd secrétaire générale de l'UTG-santé : La qualité va en pâtir
Nous nous opposons clairement au projet d'externalisation, il en va de la qualité du service. Par exemple, alors que l'hôpital dispose d'une cuisine moderne, expérimentale, qui respecte la culture culinaire guyanaise, à la place, on risque de proposer des produits surgelés. La qualité va en pâtir. C'est ce qui s'est passé avec la blanchisserie qui est déjà sous-traitée. Ça coûte plus cher à l'hôpital et au final, il manque des draps et les blouses sont mal lavées.
Des emplois sont aussi en danger. Les services logistiques permettent de maintenir l'embauche des jeunes travailleurs guyanais dans la catégorie C. Le Guyanais qui ne sort qu'avec un CAP cuisine, c'est une opportunité pour lui. En cuisine, justement, il y a trente agents qui sont tous menacés de perdre leur emploi. Les contractuels vont voir leur contrat non renouvelé. Ils représentent 40% du personnel de ces services. Les autres vont devoir accepter d'autres postes.
Le directeur veut aussi nous faire signer ce qu'il appelle « un pacte social » , mais pour nous, c'est un plan d'austérité. Par exemple, il veut réduire le personnel paramédical en instaurant les douze heures travaillées dans les services de soins et médico-techniques. Nous ne le signerons pas.
Dominique Delpech directeur du centre hospitalier Andrée-Rosemon : Nous voulons proposer le confort hôtelier
On a travaillé sur le plan de la performance. Les services logistiques vont partir car ce n'est pas notre coeur de métier. Il y a des raisons d'ordre budgétaire mais aussi d'augmentation de la qualité du service rendu. Nous voulons proposer le confort hôtelier. C'est vrai que l'exemple de la blanchisserie n'est pas très réussi, Patricia Saïd a raison. Ce n'est pas parce qu'on externalise que la qualité est forcément au rendez-vous, on va travailler là-dessus, il faut que le fournisseur respecte le cahier des charges.
Concernant l'emploi, nous avons la volonté de réduire le nombre de contractuels. Il y en a actuellement 500 sur 2 200 agents. L'objectif est de pérenniser les emplois, c'est mieux pour les employés et mieux pour l'établissement. Certains contractuels pourront se reconvertir au sein de l'hôpital mais je ne nie pas qu'il y aura des suppressions d'emploi. Tout cela fait partie d'un pacte social que je veux signer avec les organisations les syndicales. Il portera sur le temps de travail, l'exercice du droit syndical, les amplitudes horaires, les conditions de travail et donc la résorption de l'emploi contractuel.
Tout cela va se faire dans les règles. Je suis un légaliste, le projet passera devant les instances concernées avant la fin du dernier trimestre. Mon rôle, en tant que directeur, est de donner un cap et c'est à ces instances de prendre les décisions.
Propos recueillis par A. S.-M.

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