Les étudiants de la résidence universitaire de Baduel, à-Cayenne, se disent « révoltés » parleurs conditions d'hébergement (Fabienta Prosper)
Les étudiants locataires de la résidence universitaire située à la Source de Baduel, à Cayenne, se plaignent depuis la rentrée de leurs conditions d'hébergement. Le gestionnaire des lieux relativise, en assurant que les désagréments constatés sont temporaires.
Un restaurant universitaire fermé, pas de connexion internet, absence de badge pour ouvrir et fermer le portail d'entrée, terrains sportifs occupés par des engins de chantier, plus de sèchelinge... La liste des griefs dressée par les étudiants qui louent des chambres au sein de la résidence universitaire de Cayenne semble interminable. Une situation que les jeunes résidents ont choisi de dénoncer. Principalement en raison du fait qu'ils estiment ne pas être entendus par le gestionnaire du site. Celui-ci affirme toutefois que les travaux de réhabilitation actuellement en cours (pour un montant estimé à 2,6 millions d'euros) expliquent les désagréments subis par les étudiants, qu'il invite à faire preuve de patience. Ce qui ne satisfait guère les locataires.
PAS DE BADGE D'ENTRÉE ET DE SORTIE
L'absence de badge individuel - seuls deux étudiants salariés et le gestionnaire en possèdent un - pour entrer et sortir de la résidence agace et inquiète les locataires. Steve, qui habite les lieux depuis deux ans, explique : « Un de mes camarades est resté bloqué à l'extérieur hier matin parce que le portail était fermé. Il a été obligé d'enjamber les barrières. » Nicolas, résident depuis trois ans, renchérit : « Comment ferons-nous pour quitter les lieux en cas d'incendie ? Comment les pompiers ou les gendarmes feront pour rentrer si les trois personnes qui possèdent le badge sont absentes ? » Des propos que le gestionnaire, Fred Tranchot, relativise.
« Le portail automatique fonctionne de 7 à 21 heures, précise le représentant du Clous (Centre local des oeuvres universitaires et scolaires). Comme le portillon est fermé pendant les travaux, il y aura trop de fréquence d'ouverture et de fermeture si tout le monde a le badge. Mais dans deux semaines, ça fonctionnera. Les travaux sur site occupé impliquent des mesures de sécurité particulières. » En revanche, pour internet, cela risque d'être un peu plus long.
PAS D'INTERNET NI DE RESTAURANT UNIVERSITAIRE
En effet, au grand désarroi des locataires, la résidence n'est toujours pas équipée d'une connexion. Enfin, selon Fred Tranchot, elle ne l'est plus. « Comme il n'est pas possible techniquement de se brancher avec l'université, un ancien étudiant qui a créé son entreprise nous a installé internet, affirme le gestionnaire. Les étudiants pouvaient se brancher dans une salle. Au début, ça coûtait dix euros puis c'est devenu gratuit. Mais l'entreprise a reçu deux lettres de Hadopi (haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet) à cause de téléchargements illégaux. »
En ce qui concerne la fermeture du restaurant situé dans la résidence, le gestionnaire affirme qu'elle résulte de la faible fréquentation du lieu. « Les étudiants n'étaient jamais plus de sept, ils préfèrent manger dans leur chambre » , justifie Fred Tranchot. La fermeture a donc été entérinée et le personnel transféré à la nouvelle cafétéria du campus.
PLUS DE PLATEAU SPORTIF
Par ailleurs, concernant l'absence de sèchelinge, le responsable avance une « affaire de sous » et déclare : « Nous n'avons pas toujours les crédits. Nous sommes obligés de nous référer à notre direction. » Un dernier relent du Pug (Pôle universitaire guyanais) et de sa dépendance éducative et financière des Antilles.
Reste le plateau sportif. « Nous avons un seul petit terrain de foot où nous jouons les après-midi mais il y a des machines dessus » , peste un étudiant. Quant au terrain de basket, il a été délesté de ses paniers. « La société de sécurité nous a demandé de les enlever, assure Fred Tranchot. Bon, ça nous arrange un peu car ça évite que des jeunes du quartier viennent y jouer et se battre avec les étudiants. »
Pas d'internet, pas de restauration, pas d'espace sportif. « Nous voulons juste être entendus parce qu'il y en a marre » , lance un locataire qui paye 325 euros de loyer mensuel. 30 euros de plus que l'an dernier. « Parce que j'ai la climatisation » , souffle-t-il.
Logements neufs à Hibiscus
Achevés et livrés, les 150 studios de la résidence Hibiscus, située derrière le campus universitaire de Troubiran, ont été très rapidement attribués. Principalement par des étudiants, grâce à la mise en place de loyers spécifiques qui oscillent entre 298 et 430 euros par mois. Selon la société Océanic, sur les 150 studios disponibles, 120 sont désormais occupés par des étudiants. Qui n'ont que quelques mètres à parcourir pour se rendre dans les amphithéâtres de l'université.
(Henri Griffit)
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