L'Institut Pasteur organise ce matin à Cayenne un séminaire sur le chikungunya. Depuis décembre, quatre cas avérés ont été détectés en Guyane, tandis qu'une alerte a été lancée sur toute la zone Caraïbe et Amérique du Sud.
Les premiers cas de chikungunya ont été détectés à Saint-Martin, en novembre. Depuis, l'alerte sanitaire s'est propagée à toute la zone Caraïbe ainsi qu'à l'Amérique du Sud. En Guyane, l'Institut Pasteur a réceptionné plus de 17 0 prélèvements sanguins jugés suspects par les médecins.
QUATRE CAS DÉTECTÉS ET TRAITÉS
Quatre cas avérés de « chik » ont ainsi pu être décelés et traités rapidement. Trois des patients étaient en provenance de Martinique et le dernier venait de Saint-Martin. Pour l'heure, la situation est donc loin d'être inquiétante ou, pire, critique. Néanmoins, le directeur de l'Institut Pasteur, Philippe Quenel, assure : « Il ne s'agit pas de faire dans l'angélisme, parce qu'à un moment donné ça va démarrer. Notre objectif n'est pas d'empêcher l'introduction du virus, mais de tout mettre en oeuvre pour limiter son impact. Pour ça, tout le monde doit jouer le jeu et se sentir investi. »
TOUS LES LABORATOIRES D'EXCELLENCE DU CONTINENT ACTIFS
Pour ce faire, l'Institut organise ce matin un séminaire dans ses locaux, au 22 de l'avenue Pasteur à Cayenne. Celui-ci a pour thème les mutations du virus et les travaux en cours destinés à anticiper ces évolutions. « Les équipes locales travaillent en relation avec Paris afin de mener des travaux, explique Philippe Quenel. C'est une alerte majeure, donc nous devons anticiper. On regarde finement comment s'est développée l'épidémie à Saint-Martin. Le climat, la température, l'accès aux soins, le tourisme. Notre objectif est de comprendre afin d'identifier ce qu'il pourrait se passer en Guyane et ailleurs. »
Le danger provient du fait que, dans une région où la dengue est endémique, le virus du « chik » va chercher à s'adapter à son nouvel environnement afin de se répliquer. « Avec les prélèvements humains, on a l'opportunité d'étudier le génome du virus, observer son évolution et repérer toute mutation » , explique le directeur.
L'ensemble des laboratoires d'excellence de la « zone » (Atlanta, Porto-Rico, Belém, Buenos-Aires, Trinidad et Cayenne) sont en contact afin de définir une stratégie ainsi que des outils de diagnostic. Le Suriname dépend de Trinidad, qui lui assure une assistance.
Pour l'heure, Paramaribo n'a signalé aucun cas de chikungunya. Toutefois, comme la Guyane, les autorités sanitaires du pays craignent les cas importés depuis Aruba, Curaçao et, bien entendu, Saint-Martin. Quant au Guyana, il est actuellement davantage préoccupé par une épidémie de malaria.
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