J'espère que mes enfants et mes petits
enfants verront la richesse du patrimoine faunistique guyanais que
moi j'ai connu », lance Gustave. Depuis ses 12 ans, il arpente
régulièrement la savane de Mana, le week-end, pour débusquer un
gibier. Une activité familiale conviviale pour améliorer
l'ordinaire, et qui se solde généralement par une prise ou deux par
sortie. Une chasse pas si éloignée de celle de subsistance
pratiquée par les Amérindiens et les Bushinenges. Pourtant, ce
loisir du dimanche est menacé. « Des chasseurs, souvent venus
d'autres pays, viennent piller nos richesses, s'emporte Gustave.
Une fois, on m'a raconté qu'en une soirée, plus de 200 sarcelles
avaient été abattues. Régulièrement, les oiseaux blessés tombent
trop loin pour être ramassés. Au final, les cadavres pourrissent Ce
sont quasiment des professionnels, ils sont suréquipés. » Il y a
aussi ceux qui vivent de cette chasse ou en font un revenu
d'appoint non négligeable en vendant leur venaison sur les étals
des marchés. Une situation induite par l'absence de règles en
Guyane : ni permis, ni périodes, ni quotas. Juste quelques
territoires interdits aux fusils et une liste d'une soixantaine
d'espèces intégralement protégées (lire les repères). Une goutte
d'eau au regard de la diversité de la faune régionale.
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