Léone Sophie, Henri-Claude Cosset et Siaolane Beaufort, mercredi soir, devant le brûleur qu'ils ont installé pour tuer les papillons cendres (PhCh)
Intoxication, noyade, incinération : tous les moyens sont bons pour tuer les papillons cendres. L'épisode semble se terminer, mais il faut s'attendre à les voir revenir.
Depuis mi-juin, les gardes du littoral rattachés aux services techniques de Sinnamary luttent nuit et jour contre la prolifération du papillon cendre, responsable de la papillonite. Premiers exposés aux poils urticants (fléchettes) du lépidoptère, ils se sont d'abord attaqués aux chenilles en les badigeonnant d'eau savonneuse. Une fois les chrysalides écloses, ils ont creusé huit bassins entourés de projecteurs, afin d'y attirer les papillons et qu'ils s'y noient. Cette semaine, les soirées de mardi, mercredi et jeudi, une arme a été ajoutée à leur arsenal.
UN OUTIL MIRACLE ?
« Il s'agit d'un gros brûleur que l'on place dans la benne d'une camionnette, juste derrière la cabine, détaille Henri-Claude Cosset, garde du littoral. Attirés par sa lumière, les papillons s'y brûlent ou tombent directement dans la benne. Nous nous assurons de leur élimination en les recouvrant d'eau savonneuse. »
Ces trois soirs, toutes les lumières de la ville ont été éteintes. Les Sinnamariens n'ont pas pu louper ce brûleur, qui était alors la seule lueur dans les rues. Les premiers résultats semblent satisfaisants. « Pour l'instant, nous notons une baisse du nombre de papillons. Mais nous ne pouvons pas attribuer ce phénomène à l'efficacité du brûleur. C'est trop tôt » , nuancent Siaolane Beaufort et Léone Sophie, ses deux collègues.
Les gardes ont repéré d'autres foyers d'infection. « Même si nous pouvons considérer que nous sommes sur la fin du phénomène, il risque fortement d'y avoir encore au moins une nouvelle vague » , prédisent-ils, sans risque, malheureusement, de se tromper.
L'IMPRESSION D'UNE VILLE FANTÔME
Mais les dernières opérations sont utiles. « En les éliminant, nous cassons surtout les mécanismes de reproduction. » Mais ces épisodes sont difficiles à vivre : « Avant que la nuit tombe, ceux qui le peuvent désertent le village. Toutes les lumières sont éteintes.
Nous avons vraiment le sentiment de vivre dans une ville fantôme. La municipalité fait ce qu'elle peut. Mais les autres collectivités ne nous aident pas beaucoup. Où sont passés communauté des communes, conseils général et régional ? Après la crise de 2011, l'État s'était engagé à rembourser les efforts financiers importants de la municipalité. Nous attendons... » Et pendant ce temps, les papillons se reproduisent.
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