Au marché central, la pastèque fraîchement coupée aiguise notre appétit (JA)
Aujourd'hui France-Guyane vous propose de redécouvrir le centre-ville de Cayenne... avec votre nez! Fermez les yeux, respirez à fond et laissez-vous guider par les effluves qui se dégagent des ruelles de la capitale
Notre visite commence au Vieux port. Là, tout au bout de la jetée, le regard tourné vers cette mer d'huile, on peine à distinguer une odeur. De nombreux bateaux de pêche y sont pourtant amarrés.
On patiente un peu. Le vent se lève, apportant quelques subtils parfums de poisson et d'air salin. Une mise en nez plutôt agréable. Mais quelques mètres plus loin, changement d'atmosphère : la mangrove et ses fortes odeurs de vase nous font presser le pas. Jusqu'au marché aux poissons qui nous accueille dans un puissant mélange de senteurs : celle du poisson frais nous prend aux narines. Elle est rapidement suivie par celle du poisson séché, plus insistante encore. Notre nez s'habitue peu à peu. On flâne entre les étals et nous approchons du stand de « Lady Diane » . Là, les épices locales viennent doucement chatouiller nos narines. Une pause parfaite. Mais une surprise olfactive nous attend : à l'entrée du marché, les odeurs de détergents couvrent les effluves de poisson. Une bataille se joue dans l'air jusqu'à créer un parfum inédit.
Les narines encore pleines, nous nous dirigeons vers le marché central. À l'approche des premiers étals, les fruits se font sentir. Les ananas et les maracudjas mûrs à souhait, la pastèque fraîchement coupée. Notre nez se régale. Et l'appétit se creuse. Cive, ail, piment... le balai olfactif continue. La halle couverte est en vue et on ne sait déjà plus où donner du nez. Ici, la soupe vietnamienne, là les mets frits, les épices, les plats en sauce. Dans l'allée centrale, l'encens impose ses notes boisées, puissantes. On quitte la halle pour traverser des rayons de bananes sucrées. Direction le canal Leblanc et ses vendeurs à la criée.
Entre poisson frais, séché, épices et produits détergents : le marché aux poissons offre un cocktail d'odeurs détonnant (JA)
•
CHOC OLFACTIF
Choc olfactif : ça sent le poisson, le crustacé, le fumé et l'eau stagnante. Mais c'est mieux que ce qui nous attend quelques mètres plus loin : le canal Laussat et ses relents d'eau croupissante. L'odeur est épouvantable, l'image l'est tout autant ; des centaines de bouteilles jetées dans le canal ont fossilisé ici. Et les déchets abandonnés au soleil lâchent un parfum putride. Prudence à ne pas inspirer trop profondément sous peine de s'évanouir.
Nous nous hâtons de remonter vers la place des Palmistes. Pas grand-chose à signaler à part quelques pots d'échappement qui crachent une fumée noire. Il faudra revenir le soir pour se mettre en appétit avec les odeurs de viandes grillées... Cap sur une autre place, celle des Amandiers. On grimpe un peu pour se placer face à l'océan. Le vent souffle, on prend une grande bouffée d'oxygène. Ça sent bon la mer et les vacances. On pourrait rester des heures mais on décide d'aller prendre la même pose (et les mêmes odeurs) à la pointe Buzaré. Avant de reprendre le chemin du centre-ville, on fait un petit détour par le Jardin botanique. Déception : on pensait retrouver un parfum de forêt, il n'en est rien. Mais le parc joue à merveille son rôle de poumon vert de Cayenne : ici, toutes les odeurs de la ville s'évanouissent comme par magie. On termine notre virée dans les rues principales, autour de la cathédrale Saint Sauveur. L'édifice est en travaux, il faudra penser à apposer en façade une pancarte « prière de ne pas uriner ici » . Inutile de décrire l'odeur qui monte de ces lieux. Mais on se serait bien passé de cette note finale.
Impossible de flâner le long du canal Laussattant l'air est irrespirable (JA)
•
La mer reprend ses droits aux Amandiers et un parfum de vacances flotte dans l'air (JA)
•
(Jody Amiet)
•
Édition spéciale : Rétro 2025
Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters