Un plan de développement et un référent mal-être pour la Guyane
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Agriculture

Un plan de développement et un référent mal-être pour la Guyane

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr
Alors que l'autonomie alimentaire est un objectif commun à tous les politiciens de Guyane depuis plus de trente ans, le monde agricole vit des heures difficiles entre endettement, manque d'accès au foncier et problèmes adminsitratifs.
Alors que l'autonomie alimentaire est un objectif commun à tous les politiciens de Guyane depuis plus de trente ans, le monde agricole vit des heures difficiles entre endettement, manque d'accès au foncier et problèmes adminsitratifs. • ARCHIVES

Le conseil d'administration de l'Office de développement de l’économie agricole d’outre-mer (Odeadom) qui s'est tenu vendredi 25 novembre a accouché de quelques déclarations en faveur de la filière agricole guyanaise : un référent “prévention du mal-être” et un plan de développement qui sera présenté début décembre lors de la venue du ministre délégué des Outre-mer.

La détresse des agriculteurs guyanais a été entendue. Il a fallu pour ça le suicide de deux d'entre eux, en novembre.

A la sortie du conseil d'administration de l'Office de développement de l’économie agricole d’outre-mer (Odeadom) qui s'est tenu vendredi 25 novembre, les ministres de l'agriculture et des Outre-mer ont écrit un communiqué commun mercredi 30 novembre.

 

Ils “sont particulièrement vigilants à la situation du monde agricole en Guyane”. Première solution immédiate, le coordinateur national de la feuille de route « Prévention du mal-être et accompagnement des populations agricoles en difficulté », Olivier Damaisin, ancien député Les Républicains du Lot et Garonne a été nommé “référent spécifiquement dédié à la Guyane et lui sera rattaché. Il aura pour mission de coordonner un plan d’action spécifique durant quelques mois”, informe le gouvernement.

 

Olivier Damaisin a écrit un rapport le 1er décembre 2020 intitulé  “ I d e n t i f i c a t i o n  e t a c c o m p a g n e m e n t d e s  a g r i c u l t e u r s e n  d i f f i c u l t é  e t  p r é v e n t i o n  d u  s u i c i d e”.

Le rapport contre le mal-être

 

Son rapport ne comportait pas une seule ligne sur les situations d’urgence dans le monde agricole Outre-mer ! Le gouvernement Philippe n’avait pas cru bon de questionner ni d’anticiper la situation. L’ancien député amorcera donc ce qui aurait dû être officiellement enclenché il y a deux ans comme ailleurs en France”, souligne la journaliste Marion Briswalter dans un article sur Guyaweb.

 

20% de suicide en plus dans le monde agricole

 

Effectivement, le rapport de 89 pages propose 29 propositions mais reste très géénraliste dans son rapport.

Face à un monde en mutation, où la place de l’agriculture et la demande de la société ont changé, le milieu agricole se sent souvent incompris et dévalorisé. Les causes multiples, pas uniquement d’ordre économique, conduisent certains agriculteurs au mal-être, voire au suicide”, décrit le référent spécial pour la Guyane.

La surmortalité en milieu rural est de 20 % supérieure par rapport à la moyenne nationale. Le suicide est la troisième cause de mortalité après le cancer et les maladies cardiovasculaires dans le monde agricole.

Ce constat rejoint la décision du préfet d'organiser une réunion mensuel afin d'aider les agriculteurs dans leur démarche administrative. Des démarches “anxiogènes” a décrit Thierry Queffélec, samedi dernier.

 

Par ailleurs, les deux ministres Marc Fesneau (agriculture) et Jean-François Carenco (Mom) annonce un plan de développement de l’agriculture en Guyane qui sera détaillé lors du prochain déplacement du Ministre chargé des Outre-mer en Guyane entre le 9 et 14 décembre.

Aucune information n'a filtré sur ls grandes lignes de ce plan. La validation de la Safer et de son président ou présidente puisque le président actuel est atteint par l'âge de la retraite (70 ans) serait déjà une bonne nouvelle.

Les 29 propositions du rapport contre le mal-être des agriculteurs

Identifier les agriculteurs en difficulté ; de mobiliser et former les sentinelles ; de coordonner les acteurs de la prévention en créant un observatoire national des exploitations agricoles en difficulté ; développer les dispositifs de mentorat entrepreneurial entre un agriculteur et un chef d’entreprise d’un secteur d’activité non agricole ; former les agents publics et les conseillers à l’accueil et à l’écoute personnalisés des agriculteurs pour traiter les situations difficiles ; doter les services de l’Etat et les chambres d’agriculture des moyens nécessaires à l’accompagnement des agriculteurs en difficulté face aux procédures administratives ; accompagner le jeune agriculteur installé, par un agriculteur expérimenté. La chambre d’agriculture pourrait organiser la mise en relation ; communiquer de façon positive sur l’agriculture auprès du public ; assurer le financement des dispositifs d‘accompagnement (audit global de l’exploitation, aides à la relance des exploitations, aide à la reconversion professionnelle, programme pour l’accompagnement à l’installation – transmission en agriculture).