Un avocat dévoré par une larve de papillon foreur (DR)
Depuis plusieurs mois, le papillon « foreur » s'attaque aux avocats de Guyane. Une alerte aux nuisibles a été lancée par le ministère de l'Agriculture et de l'agroalimentaire.
A priori, il ne s'agit que d'une petite bête des plus inoffensives. Mais en réalité, ce papillon peut causer des dégâts considérables, comme le suggère son surnom de « foreur » . Depuis quelques mois, le Stenoma Catenifer s'est attaqué à des cultures d'avocats sur plusieurs sites. Près de Kourou d'abord, puis à Mana, à Paramana et à Matoury. Il représente une menace suffisamment importante pour que le ministère de l'Agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt ait lancé une « alerte nuisible de quarantaine » .
Le papillon foreur a la particularité de pondre sur la peau des fruits sur lesquels il se pose. Il abandonne ses oeufs, souvent au niveau de la tige, qui laissent éclore des larves. Celles-ci pénètrent ensuite dans le fruit où elles grandissent en se nourrissant. Elles y creusent des galeries, parfois jusqu'au noyau qu'elles dévorent également. Jusqu'à entraîner la pourriture du fruit et sa chute prématurée. Pour l'heure, les quelques « attaques » d'avocats par des papillons foreurs ne concernent que des parcelles isolées. Néanmoins, l'alerte lancée par les autorités sanitaires invite les cultivateurs - professionnels et amateurs - à la plus grande prudence. Une plaquette informative a d'ailleurs été rédigée et distribuée par la Daaf (direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt).
La question n'a pas encore été abordée au sein de la Chambre d'agriculture. En effet, contacté hier, le président Albert Siong affirme « ne pas avoir entendu parler » de ce problème. Au sein du Salim (Daaf), en revanche, le papillon foreur est déjà bien connu. Marie Shaan, responsable du service alimentation, explique : « Nous pensions en être débarrassé mais la découverte de nouveaux foyers nous a poussé à organiser une prospection pour savoir s'il en existe d'autres. » La principale difficulté réside dans le fait qu'il n'existe pas de traitement possible. Du moins pas en Guyane.
Les autres pays d'Amérique du Sud dans lesquels le papillon foreur est présent (Brésil, Guatemala, Belize, Mexique en Amérique Centrale...) utilisent des produits interdits à la consommation par l'Union européenne. Des techniques d'isolation du papillon existent aussi, mais elles ne sont pas maîtrisées en Guyane. Pour l'heure, la seule solution est donc de détruire les fruits « piqués » par les larves. Une mesure de précaution nécessaire pour éviter la propagation des larves. Marie Shaan prend toutefois soin de préciser qu'il « n'existe pas de risque pour la santé publique » . D'ailleurs, il paraît improbable de ne pas apercevoir la larve au coeur de l'avocat après l'avoir découpé.
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