Traquer, détruire... puis recommencer
Des Brésiliens transforment en or le gasoil entré clandestinement en Guyane. Par des voies inconnues, cet or finit à Paramaribo. Chaque année, 600 millions d'euros sont ainsi volés à la France, au nez et à la barbe de son armée, qui cherche un sens à la mission donnée. France-Guyane vous propose un voyage en immersion avec le 9e Rima lors d'une mission Harpie.
Le ciel est dégagé et permet une excellente observation aérienne de la forêt. Très vite, alors que nous nous éloignons depuis la base militaire de Cayenne pour un vol d'une heure en direction de la BOA (Base Opérationnelle Avancée) du camp Lunier à Maripasoula sur le haut Maroni, les premiers coups de rasoir dans le vert de la canopée apparaissent.
Voici le début d'une mission du 9e Rima à laquelle le Chef de Corps nous a invité afin de rendre compte de la réalité du terrain et du quotidien de ses hommes investis dans la mission Harpie de lutte contre l'orpaillage.
L'officier supérieur qui nous accompagne demande au pilote de « faire un survol de la crique Nationale en basse altitude ».
La crique Nationale, affluent du Kourou, était autrefois un sanctuaire naturel, plutôt compliqué d'accès et les expéditions vers cette crique souvent synonymes de belles parties de pêche et de chasse, indiquant le bon niveau de santé de l'écosystème. Quel triste spectacle de désolation aujourd'hui ! L'observation stationnaire montre une zone de couleur jaune au milieu de la forêt. Au fur et à mesure qu'on descend en altitude, on voit une crique dévastée, creusée de multiples retenues, des bancs de sable déplacés et des arbres morts tout le long ses deux berges. Des vestiges de carbets et leur cortège de déchets abandonnés montrent une ancienne présence, mais le site semble actuellement délaissé. Alors qu'on sait le fleuve Kourou ressource d'eau potable pour la ville du même nom, la couleur de ses eaux et celle de son affluent laisse songeur. La réflexion provoque également l'embarras, alors que Kourou est aussi le siège du 3e régiment étranger d'infanterie, et on se demande comment les garimpeiros arrivent à se retrouver ainsi, les coudées franches, dans son arrière-cour. Il n'y a là aucune frontière avec le Brésil ou...

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