L'avion, un Antonov de la compagnie Blue Wings, s'est écrasé au sud du Suriname, à la hauteur de Grand-Santi. En avril 2008, déjà, un autre avion de la compagnie s'était crashé à Benzdorp avec 19 passagers à bord, dont neuf Français (photo préfecture)
(photo préfecture)
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Daniel Ferey, le préfet de région, n'exclut pas la présence de passagers français sur le vol de la Blue Wing qui s'est écrasé samedi après-midi au sud du Suriname. Désormais, c'est l'enquête, qui s'annonce difficile, qui devra déterminer les circonstances de l'accident et la nationalité des passagers.
« L'avion semble avoir été pulvérisé à l'impact » . Daniel Ferey choisit soigneusement ses mots. Il a passé une grosse partie de la journée d'hier en communication avec les pompiers et militaires français qui se sont rendus sur la zone du crash de l'avion de la compagnie Blue Wing. Le préfet de Guyane évoque aussi cette « impression de vitesse » avec des « débris éparpillés sur 40 à 80 mètres » . Des débris, explique-t-il, « très petits, et dispersés » .
Il estime que l'identification des victimes ne sera pas aisée. De plus, la compagnie n'est pas en mesure de fournir une liste exacte des passagers. « Il n'y a aucune fiabilité sur l'embarquement » , constate Daniel Ferey, qui n'écarte pas pour le moment la présence de Français sur ce vol entre Benzdorp, à quelques encablures de Maripa-Soula, et la capitale surinamaise. Beaucoup de Guyanais du fleuve utilisent ces vols domestiques pour se rendre à Paramaribo. L'avion avait décollé d'abord de Benzdorp avant de s'arrêter à Godo Holo avec, selon les informations fournies par la compagnie, six passagers.
Peter Veldkamp était aux commandes de l'appareil, avec Nerina Lachmansingh comme copilote. Visiblement, l'alerte a été donnée quand les familles de victimes se sont inquiétées du retard de l'avion. « Nous avons été avisés d'une suspicion de crash à 17 h 45 » , poursuit le préfet de région. En raison de la proximité de la zone avec la Guyane, le Suriname a souhaité obtenir une assistance.
Mais compte tenu du mauvais temps qui régnait en Guyane, un Puma n'a pu décoller qu'hier matin avec cinq pompiers à bord et un médecin militaire.
La veille, deux pirogues des forces armées avaient quitté Maripa-Soula et Grand-Santi avec six hommes à leur bord. En tout cas, c'est hélicoptère français qui a permis aux autorités surinamaises, installées sur le petit aéroport de Stolman Island sur le fleuve Tapanahoni, de se rendre sur la zone du crash. D'autres ont pu emprunter les pirogues dans la journée. Hier, le Suriname avait embarqué depuis Paramaribo des dizaines de militaires pour effectuer les recherches sur zone.
Blue Wing récidiviste
La foudre, dit-on, ne tombe jamais deux fois au même endroit. Les dirigeants de la compagnie aérienne Blue Wing ne doivent certainement pas vraiment croire à cet adage, car ce crash est leur troisième accident majeur en l'espace de trois ans. À peine sortie de la liste noire de l'Union européenne en 2007, la compagnie surinamaise fait parler d'elle avec le crash d'un Antonov-28 près de Maripa-Soula : en avril 2008, un avion en provenance de Paramaribo est obligé de remettre les gaz à l'approche de l'aérodrome de Benzdorp. Il s'écrase, faisant dix-neuf victimes, dont neuf Français du Haut-Maroni. En octobre dernier, un autre Antonov de la compagnie quitte la piste au moment de l'atterrissage : quatre blessés, dont un grièvement. Blue Wing ne disposerait aujourd'hui que d'un seul Antonov-28 en état de vol, alors que la compagnie en avait cinq il y a tout juste... deux ans.
Depuis une dizaine de jours, la compagnie surinamaise a entrepris des rotations entre Cayenne et Paramaribo. Hier soir, alors qu'aucune information sur l'accident figurait sur le site de la compagnie, elle continuait à annoncer fièrement son arrivée en Guyane. Cette desserte peut-elle être remise en cause ? Tout dépend des résultats de l'enquête de l'aviation civile surinamaise sur cet accident. Car sans aucun doute, si un problème d'entretien est à l'origine de ce crash, il a fort à parier que la Blue Wing pourrait connaître une zone de turbulences administratives. Toutefois, le préfet a précisé hier que la compagnie n'est pas autorisée à desservir la Guyane avec un Antonov. Pour le moment, Blue Wing se pose à Rochambeau avec l'un de ses Cessna.
(photo préfecture)
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