Tourisme : encore trop d'obstacles
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Tourisme : encore trop d'obstacles

Kerwin ALCIDE
Le CTG doit faire face à nombre d'obstacles parmi lesquels un sous-investissement public (photo d'archives)
Le CTG doit faire face à nombre d'obstacles parmi lesquels un sous-investissement public (photo d'archives)

La Chambre régionale des comptes vient de publier son rapport sur la gestion du comité du tourisme. Sans mettre en cause la gestion des présidents successifs, le rapport s'évertue à énumérer les différents obstacles qui freinent le développement touristique.

« Il n'existe pas de destinations touristiques qui ont réussi sans investissements massifs dans les aménagements, les équipements hôteliers et de loisirs ainsi que dans la promotion et la publicité. » C'est la vision de Jean-Elie Panelle, président du comité du tourisme de 2005 à 2010. La Chambre régionale des comptes (CRC) s'est penchée, l'an passé, sur la gestion du comité de tourisme, passant en revue la présidence de Panelle et celle de Sylvie Désert (depuis 2010). Son rapport a été rendu public il y a quelques jours. Il met surtout en exergue les obstacles récurrents au développement du tourisme guyanais. Et l'investissement figure en bonne position. « Toutes sources de financements confondues, l'investissement du tourisme par habitant ne s'élève qu'à 152 euros en Guyane contre 324 à La Réunion, 654 en Martinique et 675 en Guadeloupe » , fait remarquer le rapport.
L'actuelle présidente du CTG parle, dans sa réponse, d'un budget qui « se situe dans un contexte de crise avec un repli de la subvention régionale de fonctionnement » . L'an passé, la dotation de fonctionnement a chuté de 14,6% par rapport à l'exercice précédent. Par conséquence, les prévisions de dépenses du CTG ont elles aussi baissé. Ce sous-investissement public, prévient le Schéma régional de développement du tourisme et des loisirs de Guyane (SRDTLG), « n'encourage pas les investisseurs à se tourner vers la Guyane » .
DES FREINS PERSISTANTS AU DÉVELOPPEMENT
D'un côté, il y a les investissements qui tardent à démarrer ; de l'autre, l'image de la Guyane qui n'arrive pas à séduire. Entre 2001 et 2004, le CTG a tenté d'améliorer l'image du département à travers une campagne de communication articulée autour du fameux « Personne ne vous croira » . Au comité du tourisme, on reconnaît volontiers que cette « expression paradoxale » « n'a pas pleinement rassuré les personnes jugeant la destination encore risquée » . Ce problème d'image est renforcé par la campagne de vaccination contre la fièvre jaune, réactivée par les pouvoirs publics depuis 1998. Le rapport de la Chambre régionale des comptes place également l'enclavement de la Guyane parmi les explications de ce retard de développement. « Non seulement l'intérieur des terres n'est généralement pénétrable que par les fleuves, mais l'accès d'un tiers environ de la Guyane est soumis à autorisation préfectorale préalable » , relève le rapport, qui rappelle que la commune de Camopi vient d'en sortir. Pour la CRC, il s'agit d'un « frein au développement touristique » . Autre frein, le manque d'implication des populations locales. « Trop de sites touristiques sont souillés par manque de civisme de la population locale » , constate le SRDTLG.
Mais pour Sylvie Désert, « on perçoit actuellement une réelle évolution des mentalités, et les premières prises de conscience à travers des projets touristiques de plus en plus souvent portés par des opérateurs locaux » .
DÉVELOPPER LE TOURISME DOMESTIQUE
Mais malgré ces obstacles, le CTG ne manque pas de projets qui se déclinent à travers son schéma de développement. Un SRDTLG qui se qualifie lui-même « d'ambitieux » . Parmi les objectifs avoués, multiplier les arrivées par 2,5 d'ici à 2022 et créer 9 000 emplois directs et induits. « Pour atteindre ces objectifs, reprend la CRC, il faudra dégager des moyens financiers importants, car le schéma évalue à 75 millions d'euros les financements nécessaires durant les dix prochaines années. »
Vingt-six millions seront dédiés rien qu'à l'hébergement. Il est aussi question de retravailler sur l'image de la Guyane à travers le mythe amazonien, avec l'idée d'une « aventure sans mésaventures » . L'accent sera mis sur cette Guyane située en Amazonie mais dotée de tous les services européens « qui sécurisent les touristes » . Et on considère qu'il faut développer le marché local qualifié de « capital » . Un précédent schéma avait déjà fait remarquer que « la population locale représente un potentiel important » et qu'il « s'agit d'un marché qu'il ne faudrait pas négliger » . Mais les moyens imaginés pour développer le tourisme domestique ne sont nullement énumérés dans ce document.
Retrouver le rapport sur franceguyane.fr
(photo d'archives)
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