Terca, ce bidonville
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Terca, ce bidonville

T. F.
Un bidonville s'est érigé sur la zone Terca (TF)
Un bidonville s'est érigé sur la zone Terca (TF)

Depuis quelques semaines, le nombre d'habitations illégales bâties en surplomb de la zone industrielle Terca, à Matoury, a augmenté de façon spectaculaire. Une situation que dénoncent des propriétaires de parcelles, qui luttent pour ne pas être envahis.

Sur la droite, l'entrée du parking toujours flambant neuf de Carrefour. Sur la gauche, un chemin de terre défoncé qui monte et serpente jusqu'à un « village » . Un enchevêtrement d'habitations illégales qui ressemble à s'y méprendre à un bidonville. Comme la grande surface et les magasins qui l'entourent, les innombrables cabanes de bois et de tôles se situent sur la zone Terca, à Matoury. Des demeures de fortune qui se sont multipliées à un rythme effréné depuis quelques semaines. Jusqu'à envahir les terrains de propriétaires vigilants qui, depuis, luttent quotidiennement pour repousser l'avancée des constructions illégales. Dans une zone déclarée non-constructible.
Jeudi, confrontée à l'inertie de la municipalité et des pouvoirs publics, une poignée de propriétaires a pris la décision d'agir. « On s'est cotisé et on a loué un tractopelle, explique Alexandre. On a creusé des tranchées pour délimiter les parcelles et empêcher l'accès. » Sous le seul regard d'une équipe de la police municipale, les propriétaires ont également obstrué l'accès aux chemins qui conduisent à leurs parcelles et ont détruit une « maison » construite sur l'un de leur terrain. « On se fout que des personnes s'installent illégalement sur la zone, poursuit Alexandre. Mais pas sur nos terrains. »
Selon les propriétaires en colère, les parcelles squattées auraient été vendues aux occupants par quelques « promoteurs » de l'ombre. « Ils vendent les terrains entre 3 000 et 10 000 euros » , assure Jeannot. « Si les pouvoirs publics n'interviennent pas, ça va devenir la plus grande favela de Guyane » , renchérit Alexandre.
Par ailleurs, cette partie cachée et ignorée de la zone Terca sert déjà de décharge sauvage. Carcasses de voitures calcinées, dépôts de matériels usagers, ordures, les abords des terrains sont recouverts d'immondices. « Ce ne sont pas des particuliers qui viennent mais des artisans qui ne veulent pas payer à la décharge » , assure Alexandre.
Les propriétaires entendent entamer une action en justice pour expulser les occupants des terrains. Tout en poursuivant leurs rondes et ainsi éviter que leur parcelle soit envahie.

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