Jusqu’à quand ?
C’est la question qui surgit sur toutes les lèvres chez nos voisins. Le prix de l’essence qui vient de monter rend compliqué la gestion du budget familial. Avec les motifs de la guerre en Ukraine, le gouvernement surinamais argue que les prix internationaux montent et qu'ils doivent donc être répercutés à la pompe. La crise dure, l’inflation continue et les taux de change des devises repartent à la hausse. 1 Euro équivalait ce jeudi à 23,219079 SRD.
Sans issue en vue, la patiente population surinamaise accumule les frustrations.
Le diesel toujours subventionné
Pour maintenir l’économie, le prix du gasoil est subventionné à hauteur de 6.58 SRD par litre, ce qui amène son prix à la pompe à 19,87. Celui de l’essence ordinaire est subventionné pour sa part de 2,05 SRD. Cette subvention du gasoil pour soutenir les transports est louable, reste cependant qu’une bonne part de cette subvention est utilisée par le secteur de l’orpaillage. Notamment, comme nous le soulignons dans notre article : «
Chiffres à l’appui : le Maroni, l’autre Montagne d’Or » du 4 mai dernier, qui démontrait comment plus de 400 fûts de gasoil passent en contrebande tous les jours pour alimenter les sites d’orpaillage illégaux… A quand, une entente sur un marquage coloré du gasoil surinamais ?
Sous l’influence des diktats du FMI, ces subventions doivent se réduire progressivement et le prix à la pompe de l’essence va atteindre des sommets. Alors que l’inflation est hors contrôle, la hausse du prix de l’essence va se voir non seulement à la pompe, mais aussi, dès ce matin, dans les supermarchés qui vont re-étiquetter tous leurs produits.
Schizophrénie pétrolière
Alors que le Suriname se prépare à accueillir une grande manifestation rassemblant les acteurs de son futur pétrolier et que les nouvelles positives s’accumulent dans ce secteur, le pouvoir d’achat du pays est durement touché par la hausse des prix des carburants.
Telles sont les dualités qui minent ce pays : notre sous-sol est riche de pétrole, mais l’essence est hors de prix ; on nous promet un avenir radieux, mais le quotidien est sombre.
A près de deux ans, maintenant, du gouvernement
Santokhi-Brunswijk, il semble urgent que les compagnies pétrolières confirment les volumes de réserves d’hydrocarbures et permettent au gouvernement de les gager pour donner un peu de souffle au pays. La réussite dans l’exploitation de ressources pétrolières à aussi besoin d’un environnement social stable. L’essence est un produit inflammable.
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