Stations : le gouvernement ne renonce pas
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Stations : le gouvernement ne renonce pas

Seule la station de Mana était ouverte hier matin. Ses cuves ont rapidement été vidées, puis elle a fermé (DR)
Seule la station de Mana était ouverte hier matin. Ses cuves ont rapidement été vidées, puis elle a fermé (DR)

Les stations-service de Guyane sont restées fermées hier, comme celles des Antilles, pour protester contre le projet de décret révisant les modalités de fixation du prix des carburants.

Les gérants de Guyane voulaient attendre la fin des fêtes. Ils ont finalement allié leurs collègues des Antilles et c'est à l'unisson que les stations des trois départements ont fermé leurs portes avant-hier soir, pour ne plus les rouvrir hier matin. Cette fois, pas de grève perlée. Mais un mouvement annoncé comme « illimité » , même s'il devient impopulaire. « On n'a plus le choix » , explique un gérant. En Guyane, seule une station était ouverte hier matin, celle de Mana, dont les cuves ont rapidement été vidées.
La grève doit donc se poursuivre ce week-end. D'autant que le gouvernement n'a pas bougé, ou si peu. « La porte reste toujours ouverte pour discuter des arrêtés de méthode » , a fait savoir hier le cabinet du ministre des Outre-mer. Le gouvernement maintient son cap tel qu'il l'a défini après le rendez-vous de la filière carburant le 18 décembre dernier à Paris. Le décret Lurel sur les prix des carburants reste donc programmé pour le début du mois de janvier. « Il n'y a pas de raison de paralyser les économies » , souligne une source ministérielle qui se satisfait qu'à la Réunion, des discussions ont démarré hier.
POMPIERS, POLICE, SANTÉ : LES VÉHICULES ALIMENTÉS
En Guyane, la préfecture a annoncé hier soir des mesures de « continuité du service public » . En accord avec les gérants, quatre stations seront ouvertes selon des horaires précis pour alimenter en carburant les véhicules des forces de l'ordre, des pompiers et des services de santé.
Le bras de fer qui se joue entre le gouvernement et les compagnies pétrolières par gérants interposés se poursuit donc comme annoncé par le président de l'intersyndicale des gérants de stations-service des quatre Dom, Patrick Collé, dès le 19 décembre. Le ministère des Outre-mer n'entend pas renoncer son décret qui vise à rendre transparente la formation des prix du carburant et remettre ainsi à un niveau raisonnable les marges de gros des compagnies pétrolières. Les compagnies pétrolières n'entendent guère plus renoncer à leur bénéfice. Le bénéfice net annuel de la Sara, distribué à 98% à ses actionnaires qui sont Total, Shell et Rubis, est bien plus important après le décret Penchard de 2010 qu'avant selon les comptes de la Sara déposés au greffe du tribunal mixte de commerce de Fort-de-France.
Exaspération générale
Que ce soit sur franceguyane.fr ou sur les réseaux sociaux, l'annonce d'une grève « illimitée » des gérants de stations-service a été accueillie de manière vindicative par nos lecteurs et internautes. « Ça commence à devenir pathétique ces grèves à répétition » , commente Steff. Orchidée Juminer s'emporte : « Eux (les gérants) ils sont tranquilles maintenant qu'ils ont fait leur chiffre mais les petits entrepreneurs sont dans la m... » Mariael renchérit : « Hollande était en Guyane, ils n'ont rien fait, faut pas se moquer du monde! » Évidemment, une formule revient souvent dans les commentaires. Celle de « prise en otage » des consommateurs. « Les gérants de stations prennent vraiment les Guyanais pour des cons » , tonne une internaute. « Foutage de gueule, ni plus ni moins, c'est pour vous dire comment ces gens s'en foutent de l'état économique du pays » , lance GiveMe YourSoul. « On est des véritables pigeons! » s'offusque Stéphanie. Marie-José soumet une contre-attaque. « Les usagers devraient gréver, personne à l'ouverture des pompes, propose-t-elle. Un bon moment sans client et on verrait la tête de certains. »
Malgré des efforts de recherche, aucune manifestation de soutien aux gérants à signaler.
PENSEZ-VOUS QUE LE MOMENT EST ADÉQUAT POUR UNE GRÈVE ?
Jocelyn, Rémire : Ils nous prennent en otage
Je pense qu'ils se foutent de notre gueule! Pour une fois qu'on passe un bon Noël, sans accident sur les routes et tout... L'année se termine tranquillement, ce n'est pas le moment! Surtout qu'à la base, ce n'est pas ce qu'ils avaient dit. Et maintenant tout à coup, ils veulent suivre les Antilles! Non, ce n'est pas sérieux. Ils nous prennent en otage, voilà. Ils auraient fait ça plus tard, je me serais montré plus solidaire.
Laurent, Cayenne : La reprise du travail sera difficile
Ah non, ce n'est pas le moment, avec les fêtes on doit sortir faire des courses de fin d'année. C'est aussi déstabilisant pour ceux qui veulent sortir s'amuser. Et bientôt, on reprend le travail et l'école, ça sera compliqué. Tous les jours, on fait des allers-retours Cayenne - Rémire-Montjoly. Ça va être difficile parce qu'avec ma mère, on n'a pas eu le temps d'aller faire le plein. Quand on a entendu ça aux infos, c'était trop tard.
Annick, Montjoly : Ils veulent se faire entendre
J'espère que ça va bien se dénouer. Ce n'est pas vraiment la bonne période mais d'un côté, ils n'ont pas le choix. De toute façon, s'ils veulent se faire entendre, alors oui c'est maintenant. En même temps, je pense qu'il faut vivre avec son temps : installer des automates pour des économies tout en replaçant les emplois ailleurs. Au pire, si ça se prolonge, on va rester chez nous. Je ne pourrais juste plus aller au fleuve.
Josiane, Rémire : Je n'approuve pas le principe
Le moment est très mal venu. Ça perturbe nos courses. J'étais écoeurée lorsque j'ai entendu la nouvelle. Laissez les gens profiter de la vie! C'est volontaire en plus, c'est ça qui m'énerve. Les choses sont assez compliquées comme ça. Je les comprends dans le fond. Je ne conteste pas le mouvement mais c'est le principe que je n'approuve pas. Ils auraient attendu et ils auraient trouvé plus de soutien de la population.

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