Prix : les agriculteurs répondent
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Prix : les agriculteurs répondent

T.F.
« Si on n'applique pas ces tarifs, on ne tiendra pas » , assure un agriculteur (TF)
« Si on n'applique pas ces tarifs, on ne tiendra pas » , assure un agriculteur (TF)

Suite au mécontentement de nombreux consommateurs face à la montée des prix, des producteurs expliquent les raisons des tarifs pratiqués.

Lorsque la question du prix des produits est évoquée, c'est avec un soupçon d'exaspération dans la voix que certains agriculteurs acceptent de répondre. Sans réticence, car « il est toujours mieux d'expliquer » , mais avec le sentiment que leur clientèle ne comprend pas les difficultés qui sont les leurs.
Stéphane est un jeune agriculteur installé à Macouria. Comme ses parents, il a choisi la voie de la production de fruits et légumes. « Je crois que les gens ne se rendent pas compte, lance-t-il. Dans le prix, le consommateur ne retrouve pas uniquement le travail au champ. Il y a aussi le prix de l'engrais, la main-d'oeuvre, le transport, etc. » Avec des coûts qui n'ont de cesse d'augmenter depuis des années, comme le rappelle le président de la Chambre d'agriculture, Albert Siong. « Il faut quand même savoir que le prix de l'engrais, par exemple, a doublé en dix ans, affirme le président. Avant, la tonne coûtait 400 euros. Aujourd'hui, elle est à 830 euros. En fait, il y a beaucoup de facteurs qui impactent sur les prix. » Un exemple parmi d'autres. Néanmoins, cet élément n'explique pas la différence des prix affichés d'un étal à un autre sur un même produit. Albert Siong et le jeune producteur avancent le même argument : l'absence de règles établies.
« NEUF SALADES SUR DIX PARTENT À LA POUBELLE »
« Il n'existe aucune étude de marché, regrette Stéphane. Pour les prix, on regarde comment les gens réagissent. On ne veut pas se faire taper dessus non plus. » Le président de la Chambre précise : « Il n'y a jamais eu en Guyane de structure pour l'organisation des prix. Les agriculteurs fixent donc leurs tarifs en fonction de l'offre et de la demande. Ce n'est pas facile. » Par ailleurs, Albert Siong souligne les tentatives - dénuées de succès - de la Chambre pour harmoniser les prix. « Certains producteurs veulent rester seuls dans leur coin et pratiquer leurs prix, assure-t-il. On ne peut pas les obliger à changer. » Et Stéphane d'insister : « Quand la salade est à 10 euros, les gens râlent. Mais ils ne savent pas ce que le gars a dû faire pour venir jusqu'à eux avec ses salades. Qu'en saison des pluies, par exemple, neuf salades sur dix partent à la poubelle parce qu'elles ne sont pas vendables. Bon, je ne dis pas qu'on vit mal. Mais c'est difficile. Et si on n'applique pas ces tarifs, on ne tiendra pas. »

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger