Polémique autour de l'abattoir territorial
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Polémique autour de l'abattoir territorial

Samuel ZRALOS  s.zralos@agmedias.fr
Dans la salle d'abattage, les bêtes sont assommées, levées, puis saignées. Un processus d'environ 30 s. Archive de nov 2023.
Dans la salle d'abattage, les bêtes sont assommées, levées, puis saignées. Un processus d'environ 30 s. Archive de nov 2023. • G.T.

Des accusations ont circulé sur les réseaux sociaux à propos de la propreté de l'abattoir de Dégrad des Cannes, sur fond de conflit avec un ancien employé. La direction nie tout problème.

Des crochets rouillés, un sol glissant, des tenues d'agents pas changées, une machine à découper les carcasses pas assez stérilisée ? Ce sont autant d'accusations qui ont été lâchées sur les réseaux sociaux, notamment à travers une vidéo, par Jérémy Douat, vétérinaire de l'abattoir territorial jusqu'au 31 août, soutenu dans sa démarche par FO.

« La scie à fonte pour découper les carcasses en deux n'a pas de boîtier adapté pour être stérilisée à chaque fois. Toujours par rapport à la scie, elle est éclaboussée par la graisse des carcasses. Les crochets sont rouillés et le sol a été refait, mais il est glissant, pas antidérapant  », nous explique l'ancien vétérinaire de l'abattoir de Rémire, comme il l'a indiqué dans son rapport annuel réalisé en décembre 2023 et rendu en avril 2024, que nous avons pu consulter. Autant de problèmes qui doivent être réglés dans un délai de trois mois.

Sauf que d'après cet ex-employé, il a été informé en juin du non-renouvellement de son contrat, après avoir refusé de passer à mi-temps et se « demande si ce n'est pas lié  » à ses critiques. Le jeune homme va même plus loin et « a l'impression que le site va fonctionner à l'identique et sans vétérinaire  ». « Normalement en métropole, un abattoir comme ça il fermerait ses portes, une contamination pourrait venir de l'abattoir  » affirme-t-il. Quand on lui demande sa réaction à la lecture du communiqué publié par la CTG suite à sa vidéo, communiqué qui évoque des accusations diffamatoires, il s'emporte : « Lisez le rapport d'inspection et vous verrez que tout ce que je dis est vrai ! Moi, j'ai des preuves, mais lui n'est pas véto, il devrait écouter mes conseils et ensuite régler les problèmes de son abattoir  ».

« Les problèmes sont réglés au fil de l'eau »

Ronald Arnaud, directeur de l'abattoir, balaie ses accusations d'un revers de main. L'homme - qui n'était pas le supérieur hiérarchique du vétérinaire, qui est agent de l'État - fait part de sa « stupéfaction  » face au déballage public du rapport. Il n'en conteste pas le contenu, mais affirme que tout est réglé depuis la remise du document. « La rouille sur les machines est réglée, il peut y avoir des rouilles ciblées sur la structure, on est près de la mer, mais ceux-ci ne sont en aucun cas en contact avec carcasses animales ; les crochets ont été traités ou changés  », détaille-t-il.

À propos du sol, il explique que si celui-ci était glissant, c'est justement parce qu'il venait d'être refait, qu'il fallait « deux ou trois mois  » avant qu'il ne soit stabilisé et qu'aujourd'hui « ça ne glisse plus ». Pour lui, le risque de contamination aurait existé « si on ne faisait pas le règlement des problèmes  », mais en l'état « ce n'est pas un risque qui existe puisque les problèmes sont réglés au fil de l'eau, pas uniquement lors de l'audit  ».

Enfin, alors que depuis le départ de Jérémy Douat le chef du service alimentaire occupe l'intérim au poste de vétérinaire, Ronald Arnaud affirme qu'un nouveau titulaire « arrive le lundi 16 septembre, c'est un ancien expérimenté qui sort de la métropole  ».

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