Où l'on reparle de Niou Campoe
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Où l'on reparle de Niou Campoe

P.-Y. C.
Paul Dolianki, le 28 novembre 2013, avant sa présentation au juge d'instruction (photo d'archives)
Paul Dolianki, le 28 novembre 2013, avant sa présentation au juge d'instruction (photo d'archives)

Depuis un an, le maire est mis en examen pour favoritisme, dans l'enquête sur l'électrification du village. La chambre régionale des comptes lui donne tort.

Depuis le 28 novembre, Paul Dolianki est mis en examen pour favoritisme : il a fait électrifier le village par une association d'habitants, sans appel d'offres. Pour cela, la mairie lui a octroyé 510 444,83 euros de subventions, en 2010 et 2011. Cela représente les trois quarts des subventions versées ces années-là par la mairie aux associations d'Apatou.
La mairie n'avait pas le droit de le faire, souligne la chambre régionale des comptes : la commune avait transféré la compétence d'électrification à la communauté de communes de l'Ouest guyanais (CCOG) en 2007. « (Elle) ne pouvait donc pas se substituer à la CCOG, quand bien même il s'agissait de financer la mise en oeuvre d'une solution transitoire. »
Interrogé par France-Guyane, José Lobeau, avocat de Paul Dolianki, avait justifié cette décision du maire par le fait que la CCOG n'effectuerait pas les travaux à Niou Campoe avant « 2015 ou 2016 » . Selon lui, le maire a voulu bien faire : « Il s'est renseigné, il a pris des conseils, ça a été voté en conseil municipal et ça a passé le contrôle de légalité. »
Malgré ces subventions et l'argent versé par les habitants, l'électricité n'a jamais bien fonctionné. Le premier groupe électrogène a pris feu, le second n'était pas entretenu. Certains ont alors soupçonné son président et le maire d'avoir détourné l'argent, ce qui n'a pas été démontré par l'enquête. Sur ce volet « recel d'abus de confiance » , il n'est pas mis en examen mais placé sous statut de témoin assisté.
Me Lobeau affirmait alors : « Les comptes sont clairs. Les enquêteurs ont pu mettre la main très rapidement sur les comptes de l'association, qui étaient particulièrement bien classés. Tout se trouvait à la mairie. » Le problème, c'est que la chambre régionale des comptes ne les a pas trouvés : « L'association n'a transmis à la commune aucun des documents que le code général des collectivités territoriales l'obligeait à fournir (copie certifiée de ses budgets et de ses comptes, tous documents faisant connaître les résultats de son activité, etc.) »

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