C'était il y a trois mois, au nord de
Grand-Santi. À la tombée de la nuit, des éclairs, rafales de vent
et pluies diluviennes s'étaient abattus sur le site d'une petite
mine en cours d'ouverture. Le directeur s'était réfugié sous une
bâche, à la lisière de la forêt, et ses souvenirs s'arrêtent à peu
près là. Un arbre lui est tombé sur la tête.
Ce soir-là, le 15, numéro du Samu avait
refusé d'envoyer un hélicoptère. Pourquoi ? « C'est notre siège qui
a appelé. Le médecin régulateur du Samu a répondu que sans contact
direct avec le site, ils n'interviendraient pas » , raconte la
victime, qui précise que dans ce secteur frontalier, sa très petite
entreprise (TPE) n'avait pas ouvert de piste afin de compliquer
l'accès aux braqueurs et voleurs d'or. « Au cours d'un échange
privé ultérieur, même si ça n'a jamais été dit officiellement, on a
compris qu'il n'enverrait personne parce qu'il pensait que j'étais
un clandestin, affirme le directeur. J'ai été condamné sur un a
priori. »
Le personnel du centre hospitalier
Andrée-Rosemon (Char) dément avec véhémence. « On y va très
souvent, même sur les sites clandestins! , lâche un urgentiste. On
se doit évidemment d'offrir des soins à tout le monde. » Sans se
prononcer sur l'affaire en question, la direction rappelle les
règles qui président aux évacuations aériennes (lire
ci-contre) : « En Guyane, jamais une intervention médicale
héliportée...
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