L'Europe assure le futur financier des fusées Ariane 6 et Vega-C
Au sommet spatial de Séville, les États membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) sont parvenus à un accord visant à assurer la viabilité et la compétitivité des fusées Ariane 6 et Vega-C. Une subvention annuelle d'un maximum de 340 millions d'euros est comprise.
Avec sur la table le dossier explosif de la crise des lanceurs européens, un sommet spatial de tous les dangers s'est tenu à Séville, en Espagne, ces 6 et 7 novembre. Le compromis attendu a fini par s'imposer.
Les vingt-deux États membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) se sont accordés pour fournir un "soutien financier " afin d'assurer la viabilité économique et la compétitivité des fusées Ariane 6 et Vega-C, stratégiques pour l'accès autonome de l'Europe à l'espace, a annoncé le directeur de l'ESA général Joseph Aschbacher.
Cet accord comprend une subvention annuelle d'un maximum de 340 millions d'euros pour financer l'équilibre économique du lanceur lourd européen Ariane 6 du 16e au 42e vol. Cela correspond aux lancements prévus de 2026 jusqu'à l'horizon 2030. L'équilibre financier des 15 premiers vols étant déjà assuré par un précédent accord.
Une concurrence internationale renforcée
Pour le petit lanceur italien Vega-C, cloué au sol après un accident en décembre 2022, lors de son vol inaugural, la subvention des états pourra atteindre 21 millions d'euros annuels du 26e au 42e vol, selon Joseph Aschbacher. Ces subventions doivent permettre d'assurer aux deux fusées de faire face à la féroce concurrence internationale, en particulier celle de l'américain Space X, qui tire à lui seul près de deux fusées par semaine.
Outre la subvention, l'ESA s'est de son côté engagée à acheter quatre vols dits " institutionnels " par an à Ariane 6 et trois à Vega-C pour mettre en orbite des satellites européens.
Ariane 6 doit effectuer son premier vol en 2024, avec quatre ans de retard. Ce retard, combiné à l'inflation, a été source de "surcoûts considérables", selon une source proche du dossier.
Cet accord est "un grand soulagement", a continué Joseph Aschbacher lors d'une conférence de presse, tant les positions des principaux pays contributeurs paraissaient opposées. Paris plaidait pour un tel soutien à Ariane 6 et Rome pour un soutien similaire à Vega-C, tandis que Berlin dénonçait une "faillite du système" et réclamait que les lanceurs européens soient mis en compétition.
Réduction des coûts et ouverture à la concurrence
Au total les États de l'ESA se sont mis d'accord pour changer de modèle pour la génération suivante de lanceurs en mettant en concurrence les futurs lanceurs, ce qui doit permettre l'émergence de micro et minilanceurs. Au Centre spatial Guyanais, l'ensemble de lancement Diamant fait justement peau neuve depuis plusieurs mois pour ces minilanceurs.
En contrepartie de cette subvention maximale annuelle de 340 millions d'euros pour Ariane 6, les industriels chargés du programme, en premier lieu Arianegroup, se sont engagés à réduire leurs coûts de 11 %, a indiqué le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire, lors d'une conférence téléphonique.
L'aval des 22 membres de l'ESA a été permis par un accord préalable entre Paris, Berlin et Rome, ses trois principaux contributeurs, a-t-il expliqué, rappelant que SpaceX vendait de son côté ses vols au gouvernement américain trois à quatre fois plus cher que ses vols pour le marché commercial. " Cet accord est un sujet majeur et marque un tournant décisif dans l'histoire spatiale européenne ", s'est félicité le ministre français. Il permet selon lui de " préserver l'unité européenne sur la question stratégique de l'accès à l'espace ", tout en ouvrant une " nouvelle ère pour les lanceurs européens, une ère d'innovation et de compétitivité ".
Avio, le constructeur italien de la fusée Vega-C, a par ailleurs obtenu une revendication de longue date de pouvoir commercialiser lui-même les vols de Vega-C, qui étaient jusqu'à maintenant exploités par Arianespace, selon l'accord trilatéral consulté par l'Agence France-Presse (AFP).

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