Les produits phytosanitaires interdits dans le viseur
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
AGRICULTURE

Les produits phytosanitaires interdits dans le viseur

Sébastien ROSELÉ
Des bouteilles d'un désherbant interdit en Guyane mais en vente libre au Suriname (photo d'archives)
Des bouteilles d'un désherbant interdit en Guyane mais en vente libre au Suriname (photo d'archives)

Deux spécialistes venus de l'Hexagone ont rencontré pendant dix jours les services de l'État concernés par la lutte contre les produits dangereux.

Venus de l'Hexagone, deux agents ont fait le tour pendant dix jours des administrations de Guyane. Objectif : faire le point sur les produits phytosanitaires interdits. Huit contrôles, dont certains de nuit, ont été menés pendant cette période. « Nous avons fait deux contrôles routiers, deux contrôles chez des distributeurs de produits et quatre chez des utilisateurs » , explique Marie Schaan, chef du service de l'alimentation au sein de la direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Daaf) de Guyane. Chez l'immense majorité des personnes contrôlées, on trouvait des produits phytosanitaires interdits.
Ces produits prohibés, qui proviennent essentiellement du Suriname, « ne sont pas accompagnés de recommandation, on ne connaît pas leur toxicologie ni leur dosage » , explique Dominique Julien, de la direction générale de l'alimentation. Parfois, chez ces produits, c'est la toxicité du principe actif qui est en cause. Comme pour le Paraquat, une molécule qu'on trouve dans un puissant désherbant. Bien qu'interdit, on le trouve partout en Guyane. Certains jeunes l'ingèrent pour mettre fin à leurs jours (1).
D'autres produits sont interdits à cause de la concentration de la molécule active, bien supérieure aux taux admis en France. Dans d'autres cas enfin, ce sont les produits qui accompagnent la substance active, les coformulants, qui sont « parfois plus dangereux que la molécule même » .
CULTURES ORPHELINES
Ces produits, vendus bien moins cher au Suriname que les produits autorisés en France, font peser une menace lourde sur l'environnement, sur le consommateur et surtout sur l'agriculteur, le plus exposé. « On voit les effets à long terme, note Dominique Julien. En France hexagonale, leur fertilité a baissé de 5 points. On observe aussi une recrudescence de maladies nerveuses comme d'Alzheimer. » Sans compter les enfants qui naissent avec des malformations.
Le problème, c'est que la Guyane n'est pas l'Hexagone, comme le souligne Marie Schaan. « Nous avons beaucoup d'insectes et de champignons nuisibles ici. Les produits autorisés ne sont pas toujours adaptés. » Second problème : les « cultures orphelines » . « Il n'y a pas de produits autorisés et adaptés pour ces cultures qui n'existent pas sur le continent. » En tout cas, la Daaf, qui mène quelque soixante-dix contrôles chaque année en Guyane, est bien disposée « à renforcer l'action pénale » , comme l'annonce le gendarme qui composait la mission.
(1) Lire notre édition du 21 mai 2012 : « Suicide au désherbant, ces morts dont personne ne parle » .

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger