Les miniers légaux grattent un peu de terrain
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Les miniers légaux grattent un peu de terrain

T. F.
La société Agelor a bénéficié de la dite AEX (lire ci-dessous) pour s'installer ici, à Bois Violet. Une procédure réalisée en un temps record après délogement d'orpailleurs illégaux.
La société Agelor a bénéficié de la dite AEX (lire ci-dessous) pour s'installer ici, à Bois Violet. Une procédure réalisée en un temps record après délogement d'orpailleurs illégaux.

Depuis quatre mois, la société Agelor exploite le site minier de Bois Violet, précédemment occupé par des orpailleurs illégaux. L'opérateur a bénéficié de la procédure accélérée d'installation qui permet d'obtenir une autorisation d'exploiter dans des délais très courts. L'objectif étant d'investir la zone après une opération Harpie.

Gagner progressivement du terrain. Zone après zone, site après site. En s'assurant que l'espace conquis demeure occupé pour décourager toute tentative de réinstallation de l'adversaire. Il ne s'agit pas d'un jeu de stratégie pour adolescent mais de la méthode que l'État, la Région et la Fédération des opérateurs miniers de Guyane ont instauré afin de s'approprier les sites exploités clandestinement pour y implanter des mines légales. Une procédure dont la société Agelor a bénéficié il y a quelques mois. Depuis, l'entreprise est installée sur la zone de Bois Violet, située dans la commune de Saint-Élie, abandonnée par des garimpeiros après une intervention de la gendarmerie dans le cadre d'une mission Harpie.
DÉLAIS RECORDS
Sullivan Léveillé affiche un large sourire. Le jeune homme de 27 ans, qui s'est vu confier la gérance de la société par son père Ange, a des raisons d'être satisfait. « Dès le mois suivant l'obtention de l'AEX (autorisation d'exploitation de mine) on a commencé à travailler, explique-t-il. Entre l'instruction du dossier et le début du chantier, il s'est passé très peu de temps. » Des « délais records » (un mois et demi), selon le procureur de la République, qui résultent de la mise en place d'une procédure accélérée d'installation.
En résumé, le principe est le suivant : après études et concertations, les zones susceptibles d'être investies sont ciblées. Un appel à manifestation d'intérêt, confié au Pôle technique minier de la Guyane (PTMG) a été lancé auprès des entreprises minières en avril 2013. Les candidatures ont été étudiées et retenues en fonction des capacités techniques, humaines et financières des sociétés. « Dès qu'un dossier arrive dans nos services pour une procédure accélérée, il est traité toutes affaires cessantes » , affirme Guy Faroucher, responsable du service risques, énergie, mines et déchets auprès de la Deal (Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement).
SOUS PROTECTION
Des missions de reconnaissance et des campagnes de prospection sont ensuite lancées. Lorsque l'entreprise candidate a obtenu sa validation par la préfecture, une opération Harpie est ordonnée. La zone ciblée est évacuée et l'opérateur légal peut s'y installer. Sous protection de la gendarmerie, qui accompagne l'entreprise « dans chaque étape de la procédure » .
Sur le site de Bois Violet, plus de signe ni de trace des orpailleurs illégaux. « Nous avons été présents bien avant le mois d'avril, précise le lieutenant-colonel Delapierre. Personne ne revendique le territoire. Les illégaux commencent à connaître la procédure. Ils vont plus loin, s'éloignent ou s'en vont carrément. »
Une méthode de gagne-terrain qui commence à peine et qui tend à s'intensifier. Même si, comme le rappelle le préfet, elle ne se limite pas à la seule activité minière. « Les Nouragues et sa base scientifique, Saül et ses chemins de randonnée... il s'agit à chaque fois d'occuper le terrain » , précise-t-il. L'objectif reste le même. Site après site, zone après zone.
Sullivan Léveillé (à droite), gérant de la société minière Agelor, décrit son exploitation au préfet et au président de Région (TF)
Sullivan Léveillé (à droite), gérant de la société minière Agelor, décrit son exploitation au préfet et au président de Région (TF)
« Un bon départ mais pas la finalité »
Président de la Fédération des opérateurs miniers de Guyane, Gauthier Horth se dit évidemment satisfait de l'instauration d'une procédure que la FedomG a participé à créer. Toutefois, il la considère comme une étape, pas comme un accomplissement. « On montre qu'on avait raison, se félicite-t-il. Ici (à Bois Violet) nous avons les caractéristiques d'une mine à petite échelle telle qu'elles se font en Guyane. Ce qui est important pour nous dans cette procédure accélérée, c'est de remplacer les clandestins par des légaux. C'est donc un bon départ mais pas la finalité. Aujourd'hui, il faut s'interroger sur les moyens de structurer la mine à petite échelle pour qu'elle soit rentable, pour l'exploitant et pour la collectivité. » Gauthier Horth estime que près d'une quarantaine d'opérateurs miniers sont en activité en Guyane.
8 zones, 5 AEX
Suite à l'appel de manifestation d'intérêt, lancé en avril 2013, seize candidatures ont été enregistrées afin de bénéficier de la procédure accélérée d'installation.
Huit zones ont été ciblées : Grande Usine, Abounami, Chantal (en trois endroits), Bois Violet et Kokoi. Deux sociétés ont obtenu quatre autorisations d'exploiter à Chantal. La cinquième AEX a été décrochée par Agelor à Bois Violet. Trois autres zones sont actuellement à l'étude pour de futures implantations d'opérateurs légaux. Les AEX délivrées le sont pour une durée de quatre ans, renouvelable une fois. Uniquement pour les activités minières alluvionnaires. Les autorisations d'exploiter concernent des zones n'excédant pas un kilomètre carré.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger